Ces émaux exceptionnels du Limousin qui font la fierté du MET et de la Frick Collection à New York

Très appréciés des riches collectionneurs au 19e siècle, de nombreux émaux du Limousin ont traversé l’Atlantique. Des pièces exceptionnelles datant du Moyen-Age que l’on retrouve aujourd’hui dans les collections de plusieurs musées américains.

Buste de Saint Yrieix datant de 1240, l\'une des pièces maitresses de la collection d\'émaux du Limousin du MET de New York
Buste de Saint Yrieix datant de 1240, l'une des pièces maitresses de la collection d'émaux du Limousin du MET de New York (TheMet)

Ce sont deux des plus prestigieux musées américains tous deux situés à New York. L’un privé, The Frick Collection, l’autre public, le célèbre Metropolitan Museum of Art (MET). Deux institutions qui possèdent de magnifiques collections d’émaux du Limousin datant du Moyen-Age et du début de la Renaissance. Des pièces exceptionnelles acquises par de riches collectionneurs au 19e siècle. Parmi elles, le buste de Saint Yrieix au coeur d'une polémique.

The Frick Collection

Ils s’appellent Limosin, Reymond, Pénicaud, ou encore Nouailher. Des grands noms de l’émail de Limoges qui ont œuvré entre le 12e et le 16e siècle. Des émaux que l’on retrouve aujourd’hui dans les plus prestigieuses collections partout dans le monde, grâce à l’engouement pour ces pièces uniques des riches collectionneurs au 19e siècle qui se les arrachent dans les ventes aux enchères.

C’est ainsi qu’Henry Clay Frick, industriel ayant fait fortune dans l’acier, va se constituer une impressionnante collection d’émaux du Limousin exposés dans son hôtel particulier situé sur la 5e Avenue à New York, face à Central Park, et transformé à sa mort en musée. Au milieu des toiles de Manet, Rembrandt, Degas, Velasquez ou encore Goya, la collection Frick compte 46 pièces exceptionnelles qui font la renommée de cette collection privée.

Pendant tout le 19ème siècle, les émaux du Limousin faisaient partie des objets les plus recherchés de tous les grands collectionneurs français, anglais, allemands et autres. Ils faisaient partie de cette catégorie d'objets comme les bronzes italiens de la Renaissance, les majoliques italiennes, que tout collectionneur assez raffiné au 19ème siècle devait posséder.Charlotte Vignon Conservatrice en chef des arts décoratifs à la Frick Collection

Polémique au MET

Autre collection majeure, celle du Metropolitan Museum of Art, le fameux MET. Ici les visiteurs peuvent admirer tabernacles, champlevés, châsses ou encore crosses d’évêque. Des merveilles fabriquées à Limoges entre le 13e et le 16e siècle. Mais l’œuvre qui attire tous les regards, c’est le buste reliquaire de Saint Yrieix. Un buste datant de 1240, en argent et argent doré, cristal de roche, verre et pierres précieuses.

Une pièce exceptionnelle estimée aujourd’hui à trois millions d’euros qui avait été offerte au MET en 1917 par le milliardaire JP Morgan. Mais l’homme d’affaires l’aurait acquis de manière suspecte car le buste de Saint Yrieix a semble-t-il été volé dans une église en 1906, avant de traverser l’Atlantique et vendu aux Etats-Unis.

Alors depuis 2015, la commune de Saint-Yrieix-la-Perche a déposé une demande pour récupérer le buste. Son maire est déterminé et envisage une action judiciaire pour ramener Saint Yrieix chez lui, même s’il sait que cela risque d’être compliqué, le musée américain se montrant peu coopératif. Le MET de son côté met en avant que sept millions de visiteurs venus du monde entier le voient chaque année. Ce qui ne serait pas le cas en Haute-Vienne.  

Détail d\'une châsse de la collection Frick
Détail d'une châsse de la collection Frick (CAPTURE D'ÉCRAN FRANCE 3)