"On apprend plein de choses" : les Journées européennes de l'archéologie, pour découvrir l'intérêt des fouilles à la recherche du passé

Passionnés d’histoire ou simples curieux sont invités ce week-end à découvrir les coulisses de la recherche archéologique à l'occasion des Journées européennes de l'archéologie.
Article rédigé par Boris Hallier
Radio France
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Temps de lecture : 2 min
Chantier de fouille ouvert au public à Nanterre pour découvrir les vestiges du Collège royal de Nanterre, en juin 2024 (BORIS HALLIER / FRANCEINFO / RADIO FRANCE)

Devenir archéologue le temps d'une visite, à l'occasion des Journées européennes de l'archéologie. Du vendredi 14 au dimanche 16 juin, des animations sont organisées un peu partout en France. Des chantiers de fouille ouvrent leurs portes au grand public. 

À Nanterre, près de Paris, plus le sous-sol se dévoile sous les coups délicats des truelles et des pinceaux, plus les questions fusent parmi les élèves de CM2 venus s'essayer au fascinant métier d'archéologue. "Madame, les murs que vous nous avez montrés, c'était quoi avant ? C'était le puits ? Et à côté, qu'est-ce que c'est ?" ou encore "Les collégiens, ils priaient dans l'église ou dans le collège ?"

Les élèves réalisent des fouilles du collège royal de Nanterre. Un ensemble religieux détruit en 1797, dont les fondations se trouvent dans un parc public. Les enfants sont fascinés. "On apprend plein de choses, comment Nanterre était avant et c'est incroyable", s'émerveille l'un d'eux. "Y avait plein d'églises, plein de prêtres". "J'aimerais trop fouiller, voir ce qu'il y avait dans le collège, si ça se trouve y a des corps morts !" "Oui, des squelettes", renchérit son voisin de fouille.

"Ce n'est pas juste pour faire des trous !"

Évidemment, pas de squelette au collège de Nanterre, mais des céramiques et surtout des éléments d'architecture bien conservés et mis au jour par les étudiantes en Master d'archéologie. Zoé et Auriane ont "découvert un départ de voûte", expliquent-elles. "C'était vraiment à la toute fin du chantier, vers 17h, juste avant de partir" poursuit Zoé avant de concéder que "ce départ de voûte nous a quand même un peu surprises".

À genoux dans la terre, les étudiantes, qui grattent minutieusement les vieilles pierres, racontent que les clichés sur leur futur métier ont la vie dure. "Lorsque l'on dit que l'on fait de l'archéologie, les gens sont assez étonnés. On leur répond que ça permet de comprendre ce que l'on a sous les pieds, que ce n'est pas juste pour s'amuser et faire des trous. Que cela va un peu au-delà de ça, qu'il y a un propos scientifique derrière".

Ce que confirme Nicolas Samuelian, l'archéologue en charge du chantier des fouilles du collège royal de Nanterre. "La véritable surprise, c'est de découvrir l'habitat antérieur au collège puisque lorsque ce collège royal a été construit en 1642, il a fallu racheter des terrains dans le centre du village. Et donc à l'issue de cette fouille, nous avons découvert deux bâtiments antérieurs à 1642", se réjouit le scientifique.

"Les gens ont toujours cette image d'Épinal qu'il faut aller l'autre bout du monde pour fouiller des belles choses."

Nicolas Samuelian, archéologue

à franceinfo

Grâce aux Journées européennes de l'archéologie, "les gens ont cette agréable surprise de voir que leur commune aussi a un passé ancien", poursuit Nicolas Samuelian. Un passé ancien qui se dévoile tout le week-end dans d'autres chantiers de fouilles, de Mâcon à Font-Romeu en passant par Marseille ou Château-Thierry. 

Les Journées européennes de l'archéologie sont aussi célébrées dans de nombreux musées et lors de conférences à travers l'Europe.

À la découverte de l'archéologie : reportage à Nanterre de Boris Hallier

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