Star Wars en ciné-concerts à la Philharmonie de Paris

Si plusieurs ciné-concerts Star Wars ont déjà été donnés, ceux de la Philharmonie de Paris du vendredi 4 au samedi 5 janvier, puis en mars, sortent du lot. Pour le lieu et l'Orchestre national d’Ile-de-France conduit par Ernst van Tiel, qui a dirigé la musique de "The Artist" de Michel Hazanavicius. Avec ce bel ensemble, la musique de John Williams jouée sur les images des films est astrale.

Philharmonie de Paris : ciné-concert Star Wars
Philharmonie de Paris : ciné-concert Star Wars (Philharmonie de Paris)
L’Orchestre national d’Ile-de-France, fidèle à ses prestations classiques, s’oriente de plus en plus vers la musique de films. En interprétant la première trilogie Star Wars et le "Réveil de la Force", 7e épisode de la saga, en janvier et en mars, la formation se réfère à une oeuvre majeure et à un compositeur incontournable : John Williams.

Franchise à la chronologie complexe, le premier film Star Wars de 1977 signé Georges Lucas constitue en fait le 4e épisode de la saga. Le choix de la Philharmonie est de jouer l’œuvre dans l’ordre chronologique de la réalisation des films, donc de leurs compositions musicales. John Williams a signé toutes les bandes originales (B.O) de Star Wars. Son style épique colle avec celui du film, un opéra de l’espace ("space opera") de fantaisie qui emprunte autant à la science-fiction, au western, aux légendes arthuriennes, au péplum, au film de sabre, ou à la Seconde Guerre mondiale.

John Williams

Quand John Williams compose "La Guerre des étoiles" en 1977, le musicien est d’ores et déjà à la tête de classiques. Il est associé aux plus spectaculaires films des années 70 : "Tremblement de terre" (Mark Robson, 1974), "La Tour infernale" (John Guillermin, 1974), "Les Dents de la mer" (Steven Spielberg, 1975), et signera "Superman, le film" (Richard Donner, 1978). Il était tout désigné pour Star Wars.
Son nom est définitivement lié aux blockbusters américains. Si le terme est apparu avec "Les Dents de la mer", le concept est vieux comme le cinéma. Films couteux dont l’investissement doit faire exploser le box-office, la tendance remonte à "Métropolis" (Fritz Lang, 1926), "King Kong" (Ernest B. Schoedsack, Merian C. Cooper, 1933), ou "Autant en emporte le vent" (Victor Fleming, 1939)… Williams est justement dans la continuité de Max Steiner, le compositeur de "King Kong" et "Autant en emporte le vent".

De Steiner, John Williams a adapté l’art des cuivres et des bois tout en sachant jouer des cordes en s'inspirant d'un autre compositeur pour le cinéma : Bernard Hermann ("Vertigo", "Psycho"). La puissance orchestrale  évoque Wagner et les romantiques, adaptés au cinéma, à l’action, l’aventure, la science-fiction, la fantaisie. Comme Steiner, Williams couvre de ses compositions pratiquement toute la durée du film.

La musique

John Williams suit la règle fondamentale de créer avant tout des thèmes : celui du film en ouverture, puis des personnages (Luke Skywalker, Leia, les robots...), des antagonismes (la Rebellions, l’Empire, la Force,…). Pour les scènes d’action, la puissance Wagnérienne l’emporte.

Le compositeur créé les fondamentaux de la musique de Star Wars sur les deux premiers épisodes réalisés, "Un nouvel espoir" (1977) et "L’Empire contre-attaque" (1980). C’est pourquoi ils correspondent aux deux premiers ciné-concerts Star Wars de l’Orchestre d’Ile-de-France à la Philharmonie.
Un morceau s'émancipe de la dominante symphonique du film de 1977 : "La Cantina", scène de cabaret extraterrestre au rythme de foxtrot futuriste. Une scène semblable dans "Le Retour du Jedi" (Richard Marquand, 1983) se réfère à la rockeuse allemande Nina Hagen. Williams se renouvelle aux gré de nouveaux personnages (Calrissian, les Ewoks…). A chaque fois, la patte est reconnaissable entre toutes et procède d'arrangements nouveaux, avec notamment l'apport de choeurs quand Lucas revient à la saga à partir de 1999 avec "La Menace fantôme".

Le musicien doit aussi s’adapter à la bande son tonitruante des films : explosions, poursuites de vaisseaux spatiaux, pistolets laser… La musique de Williams passe parfois au second plan, mais demeure. George Lucas entreprit de grandes recherches sonores sur Star Wars dès 1977. Ce qui aboutira à l’amélioration du son au cinéma grâce à son laboratoire et studio "Indusrial Light and Magic", avec la création du label THX, puis arriveront les concurrents DST et Dolby Atmos.

Les films

Star Wars est devenu la mythologie de la fin du XXe siècle et a fait le bond dans le XXIe. Le musique de Williams participe pour beaucoup du phénomène. Le thème de Dark Vador est devenu une sonnerie de téléphone… John Williams a trouvé le ton, comme pour "Les Dents de la mer", "Les Aventuriers de l’Arche perdue", "Rencontres du troisième type" ou "E. T. "… Tous des blockbusters. Sa musique porte ces films, elle leur est indéniablement liée.

Quand sort "La Guerre des étoiles" en France en 1977, les rares amateurs de science-fiction sont sur le qui-vive. George Lucas a eu beaucoup de mal à réaliser son film, personne n’en voulait et la Fox ne le sortira que dans une vingtaine de salles la première semaine aux Etats-Unis. Les files d’attente sont tout de suite interminables et les copies se multiplient à travers le pays.

Le phénomène enfle rapidement et gagne le monde entier. Quand on annonce la suite en 1980, l’attente est à son comble. "L’Empire contre-attaque", dont George Lucas à confié la réalisation à Irwin Kirshner, est meilleur que le premier film au point d'être considéré comme le fleuron de la série. "Le Retour du Jedi" (Richard Marquand, 1983), à l’image encore plus sophistiquée, pèche par la présence des Ewoks, personnages trop infantiles, mais boucle la trilogie avec brio.
George Lucas avait prévu dès l’origine trois trilogies. Tout dépendait du succès en 1977. On voit le résultat. Cette success-story conduira Lucas à réaliser les trois films qui racontent ce qui a précédé "La Guerre des étoiles", d’autres réalisateurs se chargeant de se qui se passe après. Le 9e épisode sortira fin 2019. Tout était déjà en place dès les années 70.

Deux "spin-off" (films déduits de la série originelle mais indépendants) sont sortis entre-temps. "Rogue One" ( Gareth Edwards, 2016) est une très belle surprise, mais "Solo" (Ron Howard, 2018) est un échec. Tous deux n’ont pas comme compositeur John Williams, mais leurs musiques restent dans la même ligne.

Pour le moment, les trois films réalisés par Georges Lucas à partir de "La Menace fantôme" (épisode 1, 1999) ne font pas partie de la programmation de la Philharmonie. Mais l’épisode 7, "Le Réveil de la Force" (2015) est attendu en mars, après "Le Retour du Jedi" en ciné-concert la veille. 

Les Ciné-concerts Star Wars à la Philharmonie

Toute la programmation de la Philharmonie autour de Star Wars est interprétée par l’Orchestre national d’Ile-de-France sous la direction de Ernst van Tiel.

Vendredi 4 janvier 15h00 et 20h30 : "Un nouvel espoir" (épisode 4, 1977)

Samedi 5 janvier 15h00 et 20h30 : "L’Empire contre-attaque" (épisode 5, 1980)

Samedi 2 mars 15h00 et 20h30 : "Le Retour du Jedi" (épisode 6, 1983)

Dimanche 3 mars 15h00 et 20h30 : "Le Réveil de la Force" (épisode 7, 2015).