Spectacle : à l'Opéra comique, une Flûte enchantée, enchanteresse et... animée

"La Flûte enchantée" se joue en ce moment et jusqu’au 14 novembre sur la scène de l’Opéra comique, à Paris, sublimée par des projections vidéos, comme un hommage aux débuts du cinéma.

Depuis sa première en 2012, le spectacle a fait le tour du monde.
Depuis sa première en 2012, le spectacle a fait le tour du monde. (Opéra Comique / Iko Freese)
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Jean-Baptiste UrbainfranceinfoRadio France

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La Flûte enchantée de Mozart - l'un des opéras les plus populaires et les plus joués au monde - est en ce moment à l'Opéra comique à Paris, jusqu’au 14 novembre. Mise en scène par Barrie Kosky et appuyée par le collectif londonien 1927, en cinq ans, cette production a déjà fait le tour du monde.

Au lever de rideau, un écran géant

Quand le rideau s’ouvre, pas de décors, mais un écran géant qui occupe tout l’espace. Pendant les deux heures et demi du spectacle, les chanteurs vont évoluer dans un univers virtuel fait de projections vidéos. Comme par magie, on verra ainsi tel personnage tenir en laisse un chien animé, un autre sembler courir à toutes jambes en faisant du surplace.

Le succès du spectacle repose sur un minutieux travail de placement, y compris pour les chanteurs.
Le succès du spectacle repose sur un minutieux travail de placement, y compris pour les chanteurs. (Opéra Comique / Iko Freese)

Depuis sa création en 2012 à Berlin, la magie de ce spectacle opère partout dans le monde. Pour Barry Kosky, l’un des concepteurs de cette Flûte enchantée, ce succès est dû à un minutieux travail, y compris pour les chanteurs. "Ils doivent, explique Barry Kosky, se trouver à chaque fois exactement à la même place et faire exactement le même mouvement. Ce spectacle, on a mis trois ans à le concevoir…"

"L’animateur Paul Barrit a mis un an à faire les dessins animés, à la main, pas par ordinateur, donc image par image, poursuit-il. Depuis la création, il y a cinq ans, ce sont les mêmes chanteurs car c’est très précis : ils jouent avec l’animation, pas entre eux. C’est vraiment de la chorégraphie." 

L’oiseleur Papageno ressemble à Buster Keaton, tandis que la princesse Pamina fait furieusement penser à Louise Brooks.
L’oiseleur Papageno ressemble à Buster Keaton, tandis que la princesse Pamina fait furieusement penser à Louise Brooks. (Opéra Comique / Iko Freese)

Si l’effrayante Reine de la Nuit devient ici une araignée géante, les autres personnages de l’opéra semblent sortis d’un film muet. L’oiseleur Papageno ressemble à Buster Keaton, tandis que la princesse Pamina fait furieusement penser à Louise Brooks. En somme, un hommage aux débuts du cinéma qu’Olivier Mantei, le directeur du théâtre, tenait absolument à présenter en France.

"Nous essayons, à l’Opéra-Comique, de créer un univers visuel, sensoriel, émotionnel, en respectant l’œuvre, explique Olivier Mantei. En passant par des technologies modernes, parfois. Et là, il y a une rencontre entre l’image animée et le théâtre avec les chanteurs." "On a vu cela au cinéma, mais rarement sur une scène lyrique, indique-t-il. Cela crée un univers merveilleux qui est totalement propice au sujet de la Flûte enchantée..." Et, probablement, propice aussi à initier les plus jeunes à l’art lyrique : on a rarement vu, en sortant d’un opéra, autant d’enfants, sourire aux lèvres.

Spectacle : à l'Opéra comique, une Flûte enchantée, enchanteresse et... animée
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