Le groupe Foals de retour avec un nouvel album très rock, seconde partie de "Everything Not Saved Will Be Lost"

Les revoilà déjà ! Le groupe anglais Foals sort vendredi son second album de l'année avec "Everything Not Saved Will Be Lost Part 2". Un disque puissant dominé par les guitares qui promet de nouvelles émotions en concert. 

Le groupe Foals, avec le leader Yannis Philippakis à droite au premier plan.
Le groupe Foals, avec le leader Yannis Philippakis à droite au premier plan. (ALEX KNOWLES)

Huit mois après la sortie de l'album Everything Not Saved Will Be Lost Part 1, Foals est déjà de retour avec une nouvelle fournée de dix chansons qui en constituent le second volet, la Part 2.

Everything Not Saved Will Be Lost (Tout Ce Qui N’est Pas Sauvegardé Sera Perdu) n’est donc pas un double album, nous dit-on, mais un album en deux parties, nuance. C’est pourtant jouer sur les mots tant ces deux albums sont symétriques et intimement liés. Déjà parce qu’ils ont été composés et enregistrés en même temps et parce que certaines chansons s’y répondent – Into the Surf sur le second est le développement de Surf Pt 1 du premier, et The Runner répond, de l’aveux même du leader Yannis Philippakis, à I’m Done With the World.

Un volet 2 dominé par les guitares

On comprend cependant le désir de laisser s’écouler deux saisons pour permettre aux auditeurs de digérer le premier brulot, déjà très dense, avant d’aborder le second, lui aussi assez chargé. "20 chansons d’un coup, c’est indigeste", nous expliquait Yannis Philippakis en mars. D’autant que l’époque n'est plus à la légèreté : la maison brûle, "nous sommes au bord du précipice" et les paroles du chanteur reflètent cette urgence. Particulièrement hantées par la mort sur ce second volet, elles évitent le sermon et restent poétiques. Avec la même sobriété que leur mini happening silencieux au dernier Mercury Prize, lorsque les Poulains (Foals en anglais) déployaient une banderole proclamant No Music On A Dead Planet

Musicalement, le leader de Foals disait vrai lorsqu’il nous promettait un second album "plus rock, où les guitares dominent". Excepté les premières minutes trompeuses au clavier, puis le bref instrumental au piano Icaria, la six cordes s’impose. Icaria constitue par ailleurs la ligne de basculement de ce disque en deux parties. Pour tout dire, si le début de l’album est plutôt réussi, avec notamment l'énorme coup de boutoir Black Bull qui promet d'être dévastateur en concert et The Runner qui a tout d’un tube de stade, c’est la dernière partie du disque, magistrale, qui a notre faveur.

Un admirable triplé en conclusion

Cette dernière partie est constituée d'un remarquable triptyque. Elle démarre avec 10.000 Feet, un titre mélancolique et midtempo où la signature Foals est à son summum, ce mélange de douleur et de rage musicale, faisant se succéder plages d’accablement silencieuses et explosions bruyantes, avec grosse basse et déluges de guitares. Dans les paroles, il est question d’un Icare moderne, d’une sorte d'ange, de ses cendres dispersées et de ce carbone transformé en diamant.

Puis vient le splendide Into The Surf, hanté lui aussi par la mort, où la voix de Yannis, plus douce que jamais, ensorcelle enlacée à quelques notes de xylophone. Il y évoque le chagrin de mourir loin de chez soi, et en particulier de la Grèce de son père, un pays où la pire destinée est de périr loin des siens. "Si je ne peux rentrer à la maison, envoyez-moi une lune de sang et entourez mes os de jasmin, une guirlande dans la mer".



Enfin, advient Neptune, le meilleur titre du disque, adroitement placé en clôture. Une chanson épique, mélange une fois encore de fragilité et de puissance. La Grèce, sa lune de Magnolia et ses champs d’oliviers, reviennent le hanter lorsqu’il veut quitter les rivages de l’Angleterre "où les corbeaux bordent les rivières et les routes". Une sortie hors du corps ou bien en chair et en os jusqu’à la planète Neptune lui semblent la meilleure échappatoire. La seconde partie du morceau, instrumentale, est au diapason, une pure merveille. Cette admirable conclusion de prog-rock cosmique, dont les dix minutes passent en un éclair, laisse pantois. A point pour pleurer la suite.

Avant la tournée, un documentaire promis pour novembre

La suite ce sera en concert. Contrairement à la tournée de ces derniers mois dans des salles moyennes et des festivals, le quatuor (pour les retardataires, le bassiste Walter Gervers a quitté le navire début 2018) a prévu une tournée des grandes arènes pour défendre ce second volet. Il faudra guetter les annonces ces prochaines semaines.



En attendant, un documentaire sur la tournée précédente est annoncé le mois prochain. Rip Up The Road (voir la bande annonce ci-dessus) documente leur dernière tournée mondiale sur une période d’un an. Le but du réalisateur Toby L : "que des gens aient envie de monter des groupes après l’avoir vu". Le film sera disponible le 15 novembre en exclusivité sur Amazon Prime Video.

Everything Not Saved Will Be Lost Part 2 (Transgressive/Warner) sort vendredi  18 octobre (à l'écoute ci-dessous)