Charlélie Couture peintre du gigantisme new-yorkais exposé au musée Paul Valéry de Sète

Connu principalement en France pour ses chansons et ses poèmes, Charlélie Couture est aussi peintre et photographe. A New York, où il était parti s'installer durant une quinzaine d'années jusqu'en 2017, il a ouvert une galerie et beaucoup peint sa vision de la mégapole. Une trentaine de ses toiles grand format et de ses photographies sont exposées au musée Paul Valéry de Sète jusqu'au 28 avril

Charlélie Couture devant deux de ses toiles au musée Paul Valéry de Sète, le 15 février 2019.
Charlélie Couture devant deux de ses toiles au musée Paul Valéry de Sète, le 15 février 2019. (Pascal Guyot / AFP)

Charlélie Couture peintre en milieu urbain

Alors que Charlélie Couture a publié en janvier un album très réussi, "Même pas sommeil", l'artiste passé par l'école des Beaux-Arts de Nancy garde le même appétit pour la peinture et la photographie. Il ne s'agit pas pour lui d'"activités annexes", explique celui dont la vocation de peintre est apparue à l'âge de 12 ans, lors de la visite d'une exposition consacrée au mouvement Dada. Pour lui, ces différents modes d'expression sont exercés avec "la même rigueur". Cela lui est si naturel qu'il se dit "multiste" pour définir ce pluralisme artistique. 

L'exposition "Passages" au musée Paul Valéry de Sète permet de découvrir ses oeuvres de grands formats, évoquant les lignes vertigineuses des gratte-ciel new-yorkais, traités en nuances de noir et de gris, les perspectives des avenues, le ballet des voitures et les larges bandes blanches des passages piétons qui zèbrent le noir profond du bitume. 
 
A New York, cette "ville qui s'inscrit à la fois dans la verticalité mais aussi dans l'horizontalité des grandes avenues", Charlélie Couture s'interroge sur "la place de l'être humain dans ce milieu urbain", analyse Maïthé Vallés-Bled, conservatrice du musée Paul Valéry.

 

L'artiste creuse la relation entre intérieur et extérieur

L'artiste utilise de multiples techniques - photographie, acrylique, huile et collage sur des supports divers, toile, carton, papier, vinyle ou même rideaux de douche détournés. Souvent, un tracé noir ou blanc contraste avec l'arrière-plan de l'oeuvre et suggère une silhouette.

Parfois un aphorisme surgit sur la toile, comme dans The Shrift, où le buste d'un corps inerte traité en lavis brun s'accompagne d'une inscription en anglais "Something had to be said before it was too late" (Quelque chose devait être dit avant qu'il ne soit trop tard).

"Passages", le titre de l'exposition, fait allusion, explique l'artiste, installé à New York de 2003 à 2017, au fait "d'aller d'une berge à une autre, d'un côté de l'Atlantique à l'autre" mais aussi "de l'être physique à l'être spirituel". "Ce qui m'intéresse, c'est la relation entre le monde intérieur et le monde extérieur", raconte encore CharlElie Couture.