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JoeyStarr : "J'ai toujours eu la sensation de jouer comme si c'était la dernière fois"

Le groupe Suprême NTM a sorti vendredi un nouvel album live intitulé "La Der", une captation de trois concerts à l'AccorHotels Arena à Paris en 2019. A cette occasion, Joeystarr revient sur franceinfo sur l'amour du groupe pour les concerts en public qui ont participé à faire sa réputation. 

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Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min.
JoeyStarr et Kool Shen sur la scène de l'AccordHotels Arena, à Paris, le 22 novembre 2019. (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)

Après 30 ans de carrière, La Der, nouvel album de Suprême NTM, doit être le dernier projet en commun du duo phare du rap français. Pour JoeyStarr, "l'envie perdure" d'être sur scène. Il revient sur la réputation de Suprême NTM en live, considéré, tous genres musicaux confondus, comme l'un des meilleurs groupes en concert.

L'interview de Joeystarr, du groupe Suprême NTM, avec Matteu Maestracci.
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franceinfo : comment arrivez-vous à trouver cette énergie sur scène ?

JoeyStarr : J'ai ce rapport constant avec le live, qu'on joue NTM ou pas, moi je fais du live entre la musique, le théâtre, les sound system... On arrive déjà de deux disciplines qui sont le graffiti et la danse, comme on la perçoit dans le hip-hop. Ce sont deux disciplines où en fait tu es dans le challenge. Et je crois que de s'être retrouvés dans le rap, on a gardé un peu ce qui fait le moteur de tout ça, c'est le challenge. Donc on a ce challenge à être tous les deux contre le monde entier, et puis un peu l'un contre l'autre aussi. C'est ce qui donne cette énergie en live.

franceinfo : c'est toujours la même énergie aujour'hui ? 

On vieillit bien sûr, on se roule moins par terre, on se bouscule toujours autant par moments, mais ce n'est pas chorégraphié. Mais oui, il y a des choses en moins. Il y a la fougue de la jeunesse et puis il y a la suite. Mais l'envie reste, l'envie perdure parce que même si on a l'air facile sur scène, à aucun moment donné on se dit dans la tête qu'on va aux champignons.

La responsabilité, on se l'est toujours attribuée dès la première fois qu'on est montés sur scène, on a un contrat moral et on y va. On est déjà un groupe live, donc c'est comme ça qu'on fonctionne et c'est par le biais de ça. On a toujours fait des disques pour aller les performer derrière. Donc à un moment donné, tu ne te poses pas la question.

franceinfo : quel est votre rapport au public ? 

Michel Denisot m'a dit à deux ou trois reprises à Bercy : "J'adore venir à vos concerts parce que c'est un carrefour générationnel. Je vois tout type de gens". Ça c'est quelque chose que tu ne contrôles pas. A partir du ùoment où les gens répondent, il se crée après ce truc où je pense que tu fais partie de la mémoire collective de certains, voilà, ça s'inscrit comme ça. C'est l'énergie, c'est la sincérité, c'est le coeur. 

"Quand on a une carrière comme la nôtre il y a un petit côté consécration que d'aller jouer à Bercy, de remplir plusieurs soirs."

JoeyStarr

à franceinfo

Moi j'ai toujours eu la sensation, même en temps normal, de jouer comme si c'était la dernière fois à chaque fois.

franceinfo : en imaginant que ce soit le dernier projet ensemble, ça vous émeut ?

JoeyStarr : le troisième soir, d'avoir les gens en face, ça a joué, ça a appuyé sur le bouton. Je constate qu'il y a un film, une série qui se met en marche. Peut-être qu'il y a une autre étape à tout ça après derrière, mais franchement... Je suis l'un des premiers protagonistes, je devrais pouvoir répondre, mais pour NTM, je ne sais pas parce qu'on est deux et que je n'ai pas de nouvelles de l'autre.

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