L'art lyrique dans le Grand Ouest : le rapprochement des opéras de Nantes-Angers et Rennes

Ils produisent régulièrement des spectacles en commun, les opéras de Nantes-Angers et Rennes pourraient-ils, à terme, jouer la même partition ?  

A droite l\'opéra de Rennes et à gauche la salle Graslin de l\'opéra de Nantes 
A droite l'opéra de Rennes et à gauche la salle Graslin de l'opéra de Nantes  (MAXPPP)

Suite à l'arrivée d'Alain Surrans (depuis Rennes) à la direction de l'opéra d'Angers-Nantes et la nomination de Matthieu Rietzler à l'opéra de Rennes, la question de la fusion entre les deux institutions est de plus en plus dans les esprits. D'autant que les deux établissements multiplient les co-productions. 

Une seule voix pour les opéras de l'ouest ?

Après plus de dix ans passés à la tête de l’Opéra de Rennes, Alain Surrans a pris la direction d'Angers-Nantes Opéra en 2018. Parmi ses principales missions, le rapprochement entre les deux structures de l’ouest. A Rennes, c'est donc Matthieu Rietzler qui assure la direction depuis un an. Une saison émaillée de plusieurs co-productions - la dernière en date "Le Vaisseau fantôme" de Richard Wagner - permet de dresser à deux voix un premier bilan.

Toutes les corporations qui participent à une production d'opéra se retrouvent réunies en provenance des deux équipes, de Rennes et d'Angers-NantesAlain Surrans Directeur d'Angers Nantes Opéra (ANO)

Avec des sommes engagées qui avoisinent le million d'euros, les programmateurs rentabilisent l'investissement en multipliant les représentations sur les trois villes. 

L'opéra souffre de son manque de diffusion, ce "Vaisseau fantôme" va toucher près de 10.000 spectateurs, c'est réjouissant !Matthieu RietzlerDirecteur de l'Opéra de Rennes

Un socle commun qui permet la production de quatre grandes spectacles annuels avec orchestre créées pour les deux maisons.

Un opéra à la portée de tous

Réduire le prix des places, démocratiser l'art lyrique, remplir les salles avec 100 % d'abonnés ne suffit plus. La volonté des acteurs culturels de la région est désormais de faire sortir l'opéra hors les murs et dans les quartiers.

C'est aussi le pari du choeur de chambre de Rennes Mélisme(s). "On intervient dans les centres sociaux, les gens sont venus un peu par hasard. C'est l'occasion pour eux de découvrir quelque chose... Quand ils repartent avec des étoiles plein les yeux, ça nous fait plaisir", souligne Gildas Pungier, Directeur artistique du choeur de chambre Mélisme(s). 

Rapprochement ne veut pas dire fusion

Si le rapprochement entre les deux opéras se vérifie chaque jour, on ne parle pas encore officiellement de fusion. En coulisses, une toute nouvelle association composée d'élus des deux régions oeuvre pour décrocher le label d'Opéra National commun aux deux institutions du grand ouest. 

Le nom des quatre productions commune de la saison prochaine est déjà connu. Il s'agit d'"Hamlet" d’Ambroise Thomas, "L’inondation" de Joël Pommerat et Francesco Filidei, "La Clémence de Titus" de Mozart et "Madame Butterfly" de Puccini.