Emmanuel Macron en virée au Shrine de Lagos avec Femi Kuti

Emmanuel Macron a exceptionnellement laissé tomber veste et cravate mardi soir à Lagos pour célébrer la créativité africaine au célèbre Shrine, salle de concert fondée par la légende de l'afrobeat contestataire Fela Kuti. Il a même esquissé quelques pas de danse en compagnie du fils de Fela, le musicien Femi Kuti.

Le président Emmanuel Macron esquisse un pas de danse au Shrine de Lagos 3 juillet 2018.
Le président Emmanuel Macron esquisse un pas de danse au Shrine de Lagos 3 juillet 2018. (Jacques Witt/SIPA)

Macron avait découvert le Shrine durant son stage de l'ENA

Située dans le centre historique de la mégapole nigériane, le Shrine a été créé par Fela Kuti, inventeur de l'afrobeat, une musique qui fusionne funk, soul, jazz et airs africains, avant d'être relancée par son fils Femi Kuti.

"C'est un lieu iconique", "vibrant", a salué Emmanuel Macron, en racontant l'avoir découvert en 2002 pour un concert de Femi Kuti alors qu'il effectuait son stage de l'ENA à l'ambassade de France à Abuja.

Premier président français à se rendre à Lagos, la plus grande ville nigériane forte de 20 millions d'habitants, Emmanuel Macron a tenu à y retourner pour un rendez-vous festif afin de changer des soirées, souvent protocolaires et empesées, des voyages à l'étranger. 

"C'est formidable de voir que le président français ait un intérêt si personnel pour la ville de Lagos", confiait dans la salle l'acteur nigérian Ozzy Agu. "On a le sentiment quand on le voit ici qu'on peut aller boire un verre avec lui et papoter."
Femi Kuti fait monter le président Macron sur scène au Shrine de Lagos.
Femi Kuti fait monter le président Macron sur scène au Shrine de Lagos. (Sunday Alamba /AP/SIPA)

Femi Kuti et ses musiciens ont mis l'ambiance

Alors que le président français était arrivé sur les lieux vers 22 heures, l'ambiance est restée plus sage que d'ordinaire jusqu'à ce que Femi Kuti, qui a repris les rênes de l'établissement, monte sur scène peu avant minuit avec ses musiciens et danseuses et réveille les hanches.

Il a alors invité Emmanuel Macron à esquisser quelques pas de danse. Après s'être exécuté, le président français a quitté la scène sourire aux lèvres. Et souligné "Ce qui se passe au Shrine reste au Shrine". 

Dans sa harangue, Femi Kuti a appelé les jeunes Africains à "ne pas laisser mourir" les rêves de son père pour une Afrique plus juste et développée. "C'est à vous de vous lever et de les réaliser !", a-t-il lancé.
Emmanuel Macron s\'essaye au tambour au Shrine de Lagos, le 3 juillet 2018.
Emmanuel Macron s'essaye au tambour au Shrine de Lagos, le 3 juillet 2018. (Jacques Witt/SIPA)

"Remettre l'Afrique au centre"

Pour M. Macron, la soirée au Shrine a été l'occasion de lancer l'organisation de la Saison des cultures africaines qui se tiendra en France en 2020. Il avait annoncé fin 2017 la tenue de cette manifestation de plusieurs mois lors de son "discours fondateur" de Ouagadougou, déclinant sa stratégie pour relancer les relations entre la France et l'Afrique.

Il s'agit de déployer "une stratégie culturelle et artistique qui remette l'Afrique" au centre, a confié M. Macron. Car, a-t-il ajouté, "nous avons besoin que les Africains parlent eux-mêmes de l'Afrique".