Au fil des Voix 2015, une programmation captivante

Organisé à Paris, à l'Alhambra, mais aussi au Studio de l'Ermitage, jusqu'au 9 février, le festival Au fil des voix donne à entendre des artistes représentatifs d'horizons musicaux très divers. Avec un fil conducteur : un certain esprit de revendication d'une identité, d'une culture ou simplement d'un message. Une très belle édition en vue.

(DR)
C'est le rappeur brésilien Criolo (Kleber Gomes de son vrai nom) qui a ouvert le festival jeudi soir pour présenter son deuxième album à forte coloration sociale, "Convoque seu Buda".

Au menu du week-end, l'Alhambra accueille vendredi soir la Sénégalaise Julia Sarr et l'Ivoirienne Dobet Gnahoré, toutes deux représentantes d'une nouvelle génération de chanteuses africaines.
Samedi 31 janvier, dans la même salle, le public pourra entendre Lindigo, l'un des nouveaux représentants du maloya, tradition musicale de résistance née chez les esclaves de la Réunion au XVIIIe siècle, ainsi que Maya Kamaty, également réunionnaise.
Du fado en yiddish
Dimanche 1er février, enfin, à 17h, résonneront les chants séfarades de Monique Atlan et l'Ensemble en Chordais, ainsi que les reprises en yiddish des chansons d'Amalia Rodriguez, la reine du fado, par Noëmi Waysfield & Bilk.
Également à l'affiche de l'édition 2015, Pura Fé, Indienne d'Amérique du nord, originaire du peuple Tuscarora, défend sa culture par le biais d'un blues fascinant, métissé de chants indiens, de folk et de gospel (jeudi 5 février, 20h30, Alhambra).
Quant au groupe de rock libanais Mashrou'Leila, il exprime sa rébellion et son attente d'une plus grande liberté d'expression dans un répertoire mélancolique, poétique et extrêmement entraînant.
L'esprit occitan bien représenté
Côté français, le Marseillais Manu Théron, qui se consacre au chant occitan, consacre son nouvel album aux "Sirventès", poèmes à caractère pamphlétaire dans lesquels les troubadours du Moyen Âge critiquaient les puissants (5 février, l'Alhambra, 20h30).


Autres représentants de la culture occitane, l'inégalable "vocalchimiste" André Minvielle (8 février, l'Alhambra, 17h) et le percutant groupe vocal La Mal Coiffée (2 février, 20h30, Studio de l'Ermitage).
Deux voix italiennes à découvrir
Le 7 février, l'Italien Antonio Castrignano, chanteur et percussionniste, joueur de tamburello (grand tambourin), défend la tradition musicale des Pouilles, notamment la tarentelle de Salento, dont il a largement contribué au renouveau. Il n'hésite pas à l'actualiser de sons électro (7 février, l'Alhambra, 20h30).
L'Italie est également présente dans l'épatant duo Hasa - Mazzotta, alliant le violoncelliste albanais Redi Hasa à la chanteuse italienne Maria Mazzotta. Ils viennent de sortir un nouveau disque, "Ura".
Dans un tout autre registre, côté Brésil, la chanteuse de jazz Agathe Iracema, accompagnée sur quelques titres de son premier album par le tromboniste Fred Wesley (qui joua autrefois avec James Brown), partagera l'affiche du dimanche 8 février après-midi (17h) avec l'univers très personnel de Marine Bercot, en tandem avec le guitariste et arrangeur Pierre Durand.
Festival Au fil des voix
29 janvier - 9 février 2015
À L'Alhambra

21, rue Toudic
75010 Paris
Réservations : 01 40 20 40 25 ou site de l'Alhambra (ou billetteries en ligne)

Au Studio de l'Ermitage
8, rue de l'Ermitage
75020 Paris
Infos/réservations : 01 44 62 02 86 ou ici

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