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MC Solaar : "Nous sommes là pour être des écrivains publics avec des micros, pas pour montrer nos gros bras"

Le rappeur MC Solaar est l'invité du Monde d'Elodie. Il confie le plaisir que lui procure son retour dans la musique et sa conception du rap. 

Article rédigé par
Elodie Suigo - franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min.
Le rappeur MC Solaar lors de la 33e édition des Victoires de la Musique le 9 février 2018. (THOMAS SAMSON / AFP)

"Nous sommes là pour être des écrivains publics avec des micros, pas pour montrer nos gros bras", déclare le rappeur MC Solaar sur franceinfo dans Le Monde d'Elodie, à l'occasion de son retour musical avec l'album Géopoétique

Dix ans après la sortie de Chapitre 7, l'artiste amoureux des mots n'a rien perdu de son verbe. Bien au contraire. Il essaye de ne pas faire du rap "street viril" qui équivaut, selon lui, à "du rap de gymnase club"Sa force est de savoir raconter le quotidien en mêlant agilement sa maîtrise de la langue français au hip-hop. "C'est une musique où je parle de ce que je vois. Je fais un trajet de métro, je peux le raconter en y mettant des rimes", illustre MC Solaar.

Un rappeur témoin de la société

Le poète a commencé son métier en étant déjà le phénomène de l'ego trip dans le rap. "Je dois penser que c'est une musique qui a une vocation vers l'extérieur, plutôt que de parler de soi, décortique-t-il. Nous parlons à des convaincus. Si je parle donc de moi, cela devient de l'activisme", estime MC Solaar qui "cherche donc d'autres chemins". Parfois, celui "des éditos" et d'autres celui "du journalisme", "des personnalités" ou même "des généralités", explicite-t-il. 

Toujours habilement, le chanteur a le sens de la formule pour décrire son rap. "Ce n'est pas la vodka de la bonne cause, mais l'avocat des nobles causes", sourit-il. À ses débuts déjà, MC Solaar souhaitait faire de la musique "pour que les gens trouvent des issues, ne s'enferment pas dans des clichés et ne restent pas entre eux".

Pour l'artiste, c'est son nom de scène "MC Solaar" qui lui a permis sa liberté de ton. Il n'inspire chez les gens ni "une force paramilitaire", ni "le caïd des banlieues". Pourtant au départ, il l'a choisi un peu par hasard. "Solaar, c'est 'soar', les lettres les plus faciles que j'arrivais à taguer, puis j'y ai ajouté un 'l' et un second 'a'", raconte-t-il.

Un retour attendu très enthousiasmant

Il se rappelle que dans les années 1990, lorsque les gens le reconnaissaient dans la rue, c'était à l'époque "où les balayeurs étaient souvent noirs en région parisienne". "Quand ils me voyaient, ils étaient contents. Cela leur donnait une espèce d'espoir pour leur fils, une croyance dans l'avenir", souligne-t-il.

Dix ans plus tard, l'artiste, qui se définit comme "un idéaliste de Coubertin", semble avoir gagné une seconde fois l'adhésion de son public et de ses pairs de la chanson. Il a reçu la Victoire de la musique du meilleur album de chansons en 2018 pour Géopoétique. Son métier lui manquait visiblement aussi à lui. Plus qu'il ne l'imaginait au départ. "Il faut que quelque chose nous manque pour qu'on se rende compte combien ça nous était cher", confie MC Solaar. "La musique c'est le seul métier que je sais faire, le seul endroit où j'ai des certitudes", considère le poète.

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