Le rêve d'Anne-Louise Bourion, candidate du 56e Concours des jeunes chefs d'orchestre de Besançon

Référence en la matière, le Concours international de jeunes chefs d'orchestre de Besançon débute le 16 septembre. Une semaine d'épreuves pour vingt candidats qui ont passé le cap des présélections. Parmi eux, Anne-Louise Bourion.

Anne-Louise Bourion, cheffe de chant à l\'Opéra à Limoges et présélectionnée au 56e Concours international de jeunes chefs d\'orchestre de Besançon du 16 au 21 septembre 2019.
Anne-Louise Bourion, cheffe de chant à l'Opéra à Limoges et présélectionnée au 56e Concours international de jeunes chefs d'orchestre de Besançon du 16 au 21 septembre 2019. (W. Redonnet / France Télévisions)

Du 16 au 21 septembre, Besançon accueille le 56e Concours international des jeunes chefs d’orchestre. Le rendez-vous - qui s'inscrit dans le cadre du 72e Festival international de musique de Besançon- est devenu une référence dans le monde de la musique classique. Il le doit à la qualité des participants et à l'originalité du concours.

Ouvert à tous... et toutes

C'est en effet le seul à ne pas faire de sélection sur dossier. Aucun diplôme n'est exigé. Seules conditions : avoir moins de 35 ans et passer l'épreuve des présélections. Elles ont eu lieu au mois d'avril et mai à Berlin, Pékin, Montréal et Besançon. Deux-cent soixante-dix candidates et candidats (208 hommes et 62 femmes) ont y participé cette année.

Tout est observé par le jury comme le rappelle Jean Michel Mathe, le directeur du festival. "Il ya ce qu'on appelle la 'gestique' - les gestes sont-ils assez précis, trop mous, trop raides - mais aussi le côté humain. Est-ce que le chef d'orchestre sait communiquer avec les pianistes et leur transmettre son envie ?

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Au final, ils et elles ne sont plus que vingt, ce qui donne déjà une idée de l'exigence du concours. A noter que sur ces vingt finalistes issus de douze nationalités différentes, on ne compte que quatre femmes. Parmi elles, Anne-Louise Bourion.

La vocation d'Anne-Louise

A 29 ans, celle qui est cheffe de chant à l'Opéra à Limoges touche du doigt son rêve. Née à Ajaccio, dans une famille de mélomanes (mais pas de musiciens), Anne-Louise commencé le piano à l'âge de 3 ans et demi à Marseille, à sa demande. A 8 ans, elle regardait déjà les finales du concours de Besançon sur Arte. Diriger un orchestre, pour elle, c'est une évidence. "Les notes sonnent en moi, une petite voix intérieure qui chante en même temps que je lis."

C'est la particularité de la direction d'orchestre quand on travaille : on n'entend pas, on n'a pas de retour direct du son. Et contrairement à un musicien, au lieu de lire un instrument, on en lit trente ou quarante superposés.Anne-Louise BourionCandidate du Concours de jeunes chefs d'orchestre de Besançon

Comme les 269 autres candidats des présélections, la jeune femme a dû diriger deux oeuvres : Danses symphoniques, opus 45 de Sergueï Rachmaninov et Symphonie n° 35 Haffner K.385 de Mozart. Deux pièces où Anne-Louise a dirigé un pianiste. Son travail de pianiste accompagnatrice a alors été un plus, lui permettant de créer un lien avec le musicien.

Le travail avec les enfants

A l’Opéra de Limoges, Anne-Louise est cheffe de chant pour Opéra Kids, un projet destiné aux enfants et adolescents de 6 à 14 ans issus des quartiers prioritaires. Un travail qui sert de socle à son rêve de direction d'orchestre : "En tant que chef d'orchestre, on est de plus en plus amené à faire des concerts pédagogiques, avec des choeurs d'enfants sur scène. Ca ne se dirige pas comme un choeur d'adultes. On a besoin d'une énergie différente. Tout ce que j'apprends avec les enfants me resservira."

Anne-Louise Bourion, dans le cadre de son travai de pianiste accompagnatrice/ cheffe de chant à l\'Opéra à Limoges.
Anne-Louise Bourion, dans le cadre de son travai de pianiste accompagnatrice/ cheffe de chant à l'Opéra à Limoges. (W. Redonnet / France Télévisions)

Un marathon musical

Comment vont se dérouler les épreuves du Concours ? Le 16 septembre, le premier  tour voit défiler les vingt candidats selon un ordre de participation déterminé par tirage au sort. Deuxième tour, mardi 17 avec douze candidats.

Ils ne seront plus que six mercredi pour une demi-finale Oratorio, suivie le jeudi de la demi-finale Opéra.Toutes les épreuves avec orchestre sont publiques. Elles se présentent comme une séance de travail avec l’orchestre et les solistes autour d’extraits du programme choisis par le jury.

"Il s’agit d’un spectacle vivant qui exige une forte propension à maîtriser son stress et à gérer son temps. Le jury est très aguerri pour observer ces éléments. C’est une semaine de suspense qui s’annonce, un marathon pour les candidats et le jury" confie Jean Michel Mathe, le directeur du festival, à nos confrères de L'Est républicain.

Festival international de musique de Besançon le 7 septembre 2019. Ben Glassberg dirige l\'Orchestre Philharmonique de Radio-France.
Festival international de musique de Besançon le 7 septembre 2019. Ben Glassberg dirige l'Orchestre Philharmonique de Radio-France. (FRANCK LALLEMAND / MAXPPP)

Seule l'épreuve finale, le samedi 21 septembre à 16h, se déroule en condition de concert. Trois candidats seront en lice avec une oeuvre Symphonique et une création mondiale signée Eric Tanguy, Constellations (en référence à l'Observatoire de Besançon).