Le Printemps de Bourges lance la saison des festivals, sans démesure

Six jours de concerts à partir de ce vendredi soir à Bourges, pour le traditionnel festival du Printemps de Bourges, qui mise cette année sur une affiche homogène et éclectique, sans grande vedette mais avec beaucoup de valeurs sûres. Tout cela dans un contexte économique difficile, dans lequel le festival qui fête ses 39 ans semble résister.

(La salle du W devrait accueillir chaque soir plus de 6.000 personnes © MAXPPP)

C'est, traditionnellement, le premier des gros festivals de l'été en France. C'est aussi celui qui donne le ton, celui où l'on voit esquisser les contours de ce à quoi ressemblera la saison musicale dans le pays. Le Printemps de Bourges est une institution, toujours vivante après 38 éditions. La 39e a été pensée sur un modèle différent par rapport à l'année dernière.

Tout d'abord, pas de "vedette" cette année - alors que Stromae avait retourné le festival l'année dernière - même si l'on compte plusieurs têtes d'affiche. Côté français, les confirmés The Do, Yael Naïm, Brigitte ou Christine and The Queens, qui vont se faire entendre dans de nombreux festivals cet été. Un peu moins connus, Perez, Vianney, Nach ou Kid Wise tenteront de convertir quelques profanes. Côté étranger, la Belge Selah Sue qui est revenue en force le mois dernier avec un nouvel album, ou encore l'Israélien Asaf Avidan et sa voix indescriptible. Des têtes d'affiche capables de faire venir beaucoup de monde, et faire grimper une jauge qui inquiète toujours les organisateurs, qui ont en tête leurs cinq millions d'euros de budget à équilibrer.

(Christine And The Queens, l'une des plus attendues cette année à Bourges © MAXPPP)

Du hip hop, de l'électro et Juliette Gréco

Puisqu'il faut satisfaire tous les publics, et notamment les jeunes, le Printemps de Bourges s'est offert une soirée, celle de mardi, dominée par des poids lourds des ventes en matière de hip hop hexagonal : Soprano, Black M, Blacko ou le phénomène Gradur. L'électro et la techno auront aussi leur place, avec un parrain immense, Jeff Mills, et des valeurs sûres du mouvement comme Fritz Kalkbrenner ou Hyphen Huphen. Autres expériences, les créations spéciales, comme cet "Hommage à Nina" (Simone) dans lequel on retrouvera plusieurs figures de la scène française comme Camille, Camelia Jordana ou Ben l'Oncle Soul, ou encore l'hommage à Elliott Smith et à son album mythique Figure 8 , pour lequel on retrouvera notamment le chanteur de Grandaddy, Jason Lytle.

La chanson française sera également bien représentée, avec Hubert-Félix Thiéfaine ou Arthur H. Mais c'est surtout la grande Juliette Gréco, qui ouvrira quasiment le festival ce vendredi soir, qui devrait marquer cette édition. En effet, elle entame à Bourges sa tournée d'adieux, à 88 ans, après 65 ans de carrière et un amour pour la scène qui ne s'est jamais démenti.

Juliette Gréco : "C'est la meilleure des nourritures"
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La découverte, la "patte" de Bourges

Depuis qu'il a créé le Printemps de Bourges, le grand patron Daniel Colling n'a eu de cesse de revendiquer cette volonté de défricher, de faire une place aux talents de demain, en leur ouvrant chaque soir une scène, dans le cadre des Inouïs. Cette année, plus de 3.000 candidatures ont été reçues ; seuls 30 artistes défendront leurs projets face au public. Et cela vaut plutôt le coup, quand on jette un oeil à l'ascension fulgurante de Christine And The Queens, lauréate des Inouïs du Printemps 2012.

Alors que de nombreux festivals et événements culturels ont dû cette année mettre la clé sous la porte, crise économique et subventions en chute libre obligent, le Printemps de Bourges assume son statut, aidé il est vrai par un mode de financement particulier (seul 1/3 du budget est assuré par des subventions publiques). De quoi assumer, encore plus, sa volonté de faiseur de tendances, tout en prenant garde à ne pas tomber dans la démesure.

Retrouvez une sélection non exhaustive de ceux qui vont faire le Printemps cette année (cliquez ici si vous êtes sur tablette ou mobile)