Le chanteur de raï Cheb Mami condamné pour plagiat

La société d'édition EMI a elle aussi été condamnée. Avec Cheb Mami, elle devra payer 200 000 euros à l'auteur algérien Rabah Zerradine, alias Cheb Rabah.

Le chanteur de raï Cheb Mami sur scène, le 5 juillet 2011 à Sidi-Fredj, près d\'Alger (Algérie).
Le chanteur de raï Cheb Mami sur scène, le 5 juillet 2011 à Sidi-Fredj, près d'Alger (Algérie). (FAROUK BATICHE / AFP)

Le raï, c'est chic, Madanite, Ma vie deux fois, Gualbi Gualbi. Ces chansons qui, pour certaines, avaient rencontré un succès mondial au début des années 2000 sont toutes des plagiats. Le chanteur de raï Cheb Mami et la société d'édition EMI ont été condamnés, vendredi 10 juillet, par le tribunal de grande instance de Paris, à payer 200 000 euros à l'auteur algérien Rabah Zerradine, alias Cheb Rabah, pour avoir plagié ses textes.

Cheb Mami a notamment été reconnu coupable d'avoir reproduit, au moins en partie, les paroles de plusieurs chansons écrites par Cheb Rabah. Le tribunal a estimé que ce dernier devait être considéré comme "le seul auteur" des chansons Le raï c'est chic, Madanite, Ma vie deux fois et Gualbi Gualbi, et le coauteur des paroles de Désert rose.

Une analyse comparative des textes traduits de l'arabe au français a ainsi conclu à une "grande similarité", un expert ayant relevé par exemple que "quatre des cinq" couplets de Madanite sont repris du texte Omri de Cheb Rabah, de même pour Anti dorki anti doua, rebaptisée Ma vie deux fois par Cheb Mami.

Cheb Rabah "a perdu une chance de gagner une notoriété importante du fait du succès des chansons qu'il avait en réalité écrites", écrit le tribunal. Cheb Mami et EMI ont été condamnés à lui payer solidairement 100 000 euros au titre du préjudice moral et 100 000 euros en réparation des atteintes à son droit moral d'auteur.