La mort d'Etienne Perruchon, compositeur prolifique de musiques de films et de scènes et inventeur du langage dogorien

Ce compositeur, qui a signé plusieurs B.O. pour Patrice Leconte, avait inventé un langage inédit, le dogorien, décliné dans une importante partie de son oeuvre.

Le compositeur Etienne Perruchon donne un concert gratuit de Dogora à Annecy le 19 juin 2010 avec 400 participants, dans le cadre du 150e anniversaire du rattachement de la Savoie à la France.
Le compositeur Etienne Perruchon donne un concert gratuit de Dogora à Annecy le 19 juin 2010 avec 400 participants, dans le cadre du 150e anniversaire du rattachement de la Savoie à la France. (LE DAUPHINE LIBERE / MAXPPP)

Etienne Perruchon, compositeur d'oeuvres très variées, est mort mardi 14 mai à l'âge de 61 ans des suites d'un cancer, a-t-on appris par un communiqué de presse de la ville d'Annecy. Etienne Perruchon a composé un grand nombre d'œuvres appartenant à des genres aussi différents que la musique de film, la musique de scène, la musique symphonique, ou la chanson.  

Le dogorien a donné lieu à tout un pan de son oeuvre


Il a signé la musique de nombreuses pièces de théâtre, dont plusieurs mises en scène par Charlie Brozzoni La grande Parade au cabaret de l'Ange Bleu, prix du "off" à Avignon en 1995 et Éléments moins performants de Peter Turini. Pour les besoin de ce spectacle, il crée un langage imaginaire : le dogorien. Cet étrange sabir va beaucoup compter dans son oeuvre.

"Je me suis vite pris au jeu de ce trompe-l'oreille et les comédiens également", se souvenait-il dans une interview à lire sur son site au sujet de cette langue. "Ce fut une réussite parfaite car les personnages se mettaient à chanter dans cette langue incompréhensible dès que les mots n'étaient plus assez forts pour faire passer une émotion particulière liée à une situation précise."

En 2000, la ville de Chambéry crée Dogora, grande œuvre chorale en dogorien. Trois ans plus tard, Patrice Leconte découvre l’œuvre et décide d’en faire un film musical et impressionniste Dogora, ouvrons les yeux

Proche de Patrice Leconte


Sa complicité avec Patrice Leconte va se poursuivre au cinéma avec Les Bronzés 3, pour lequel le cinéaste lui confie la composition de la musique puis avec La guerre des Miss et Vision Pékin, mais aussi pour une comédie musicale en film d'animation Le Magasin des suicides, d'après le roman de Jean Teulé.

"J'ai perdu un copain. Je retiens sa formidable humanité. Il était ouvert aux autres. Il n'était jamais frileux ni timide. Cela se traduisait dans ses musiques, toujours avec beaucoup de sensibilité, de panache et de joie qui à chaque fois nous emportaient", a salué Patrice Leconte mardi soir auprès de l'AFP.

L'idée dogorienne d'Etienne Perruchon se prolonge avec la composition de trois nouveaux opus : Tchikidan, Skaanza et Tzùngati. En mai 2013, Ariane Mnouchkine et son Théâtre du Soleil accueillent Dogorians, le spectacle musical écrit, composé et conçu par le compositeur, mis en scène par Bernard Cauchard (Matz-Ek, Maguy Marin…). Enfin, en 2017 il crée pour L'orchestre Philharmonique et la maîtrise de Radio France Dianoura!, une cantate dogorienne pour choeur d'enfants et orchestre.