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Johnny Hallyday : rallumer le feu pour faire fondre ses dettes ?

A 69 ans, le chanteur repart sur les routes pour une tournée qui peine à mobiliser les fans. Les flops récents et les difficultés financières de l'idole des jeunes pourraient être la raison de ce come-back inattendu.

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France Télévisions
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En 2011, Johnny a dépensé 6,5 millions d'euros… pour 5,3 millions de revenus. (CHARLES PLATIAU / REUTERS)

Johnny Hallyday, l'homme aux cinquante ans de carrière, aux 100 millions de disques vendus, l'homme qui baptise sa soi-disant dernière tournée "S'arrêter là" en 2009, sort un album intitulé Ça ne finira jamais dans la foulée, et repart sur les routes en 2012, avec un disque en préparation. Sa nouvelle tournée, "Jamais seul", s'arrête trois jours au Stade de France à partir du vendredi 15 juin. Mais si l'idole des jeunes, "en forme" selon son producteur, affirme avoir de nouveau "envie" de remonter sur scène, on peut se demander si ce ne sont pas ses difficultés financières qui la lui donnent.

Des annulations qu'il paye encore

2009. Le "Tour 66", celui des "adieux". Année faste pour Johnny, avec 11 millions d'euros de revenus, faisant de lui le chanteur français le mieux payé, selon un classement du Figaro. Forcément, annoncer que c'est la der des ders, ça motive les fans.

Mais le corps du chanteur ne tient plus, il est hospitalisé plusieurs fois. Coma, annulation de la troisième partie de la tournée, soit une vingtaine de dates. Et 24 millions d'euros de manque à gagner, d'après L'Expansion, dont 6 à la charge de Johnny.

Johnny comédien fait un flop

Alors Johnny s'essaie au théâtre. Fin 2011, il monte sur les planches du Théâtre Edouard VII, pour incarner le premier rôle du Paradis sur terre de l'illustre Tennessee Williams. Mais n'est pas Patrick Bruel qui veut, même quand on est connu jusqu'au Japon.

La pièce fait un flop d'audience d'abord, avec seulement 60% de remplissage, rapporte Le Parisien. Flop financier du coup, le cachet et le pourcentage perçus par le chanteur plombant la rentabilité. 

Où sont les fans ?

Car il faut avoir les moyens de se payer monsieur Hallyday. Un million d'euros d'avance sur ses albums, 12 millions pour la tournée 2012, qui a nécessité un investissement équivalent. Mais son nouveau producteur, Gilbert Coullier, est inquiet. Une seule des 56 dates affiche complet, indique Le Parisien, même avec des billets bradés sur le net. Le Stade de France, où il a joué à guichets fermés plus d'une fois, peine à se remplir. Fataliste, Coullier est bien conscient qu'il ne faut pas compter sur cette nouvelle tournée pour remplir les tiroirs-caisses. "J'espère qu'on ne va pas perdre d'argent. Je ne pense pas qu'on en gagnera. Ce que je voudrais, c'est qu'on équilibre."

Les fans ne sont même plus au rendez-vous des albums. En 2011, Jamais seul s'est vendu à moins de 175 000 exemplaires au premier semestre, contre 2 millions de copies pour Sang pour sang en 1999. 

Johnny la flambe

Dans un long dossier du magazine Capital consacré au chanteur, on apprend qu'il aurait dépensé environ 6,5 millions d'euros en 2011… pour 5,3 millions de revenus. "Contrairement à une idée répandue, Johnny est un 'travailleur pauvre', qui, malgré ses nombreuses années de carrière, n'a pas cumulé de patrimoine, car il a toujours eu un train de vie flamboyant. Il ne possède pas de capital, excepté son patrimoine immobilier", affirment Catherine Rambert et Renaud Revel, auteurs du livre Johnny, les 100 jours où tout a basculé (2010). "Il est en fait au bord de la banqueroute."

Le remboursement et l'entretien de ses propriétés aux quatre coins du globe, où il se rend habituellement en jet privé, les salaires de ses employés de maison, gardiens, nounous, coachs, et les sessions shopping ont raison de ses gains de plus en plus maigres.

Allumeeer le fisc

Pour couronner le tout, Le Canard enchaîné affirmait fin avril que Johnny Hallyday faisait l'objet d'un redressement fiscal de 9 millions d'euros. L'enquête, déclenchée en décembre 2010 par la direction nationale d'enquêtes fiscales, aurait révélé un "réseau complexe de sociétés au fonctionnement plutôt baroque", notamment des transferts d'actifs au Luxembourg. Son avocat dément. Interrogé à ce sujet par TF1, le chanteur de 69 ans ne cache pas sa situation financière : "S'il faut leur donner 9 millions d'euros, va falloir qu'ils attendent parce que je ne les ai pas. Qu'on me foute un peu la paix !"

Mais, selon Le Point, l'affaire fait jaser en Suisse, où le musicien est domicilié depuis 2006 alors qu'il n'y réside que quelques semaines par an, au lieu des 180 jours réglementaires pour pouvoir profiter des avantages fiscaux. Même le maire de la commune où Johnny possède une maison considère comme "contre-productive" l'attitude du chanteur, qui répète à qui veut l'entendre qu'il passe sa vie entre Paris et Los Angeles. D'ailleurs, on peut s'interroger sur l'intérêt de son exil helvète, puisqu'il s'acquitte chaque année d'un forfait fiscal fixe de plus de 700 000 euros (calculé sur la valeur de sa résidence suisse), alors qu'il continue de payer l'impôt sur le revenu en France…

France 2

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