Musique : "Le Hellfest est une très grosse machine, mais il ne perdra pas son âme" assure le directeur du festival de metal

La 13e édition du célèbre festival de Metal débute ce vendredi. Parmi les concerts les plus attendus, le groupe Hollywood Vvampires avec l'acteur Johnny Depp ou bien les mythiques Iron Maiden.

Ouverture des portes du Hellfest 2018 le 21 juin, à la veille du début des concerts.
Ouverture des portes du Hellfest 2018 le 21 juin, à la veille du début des concerts. (PASCALE BOUCHERIE / RADIO FRANCE)

La 13e édition du Hellfest, grand-messe du metal, débute vendredi 22 juin à Clisson en Loire-Atlantique. Le festival, qui dure jusqu'au dimanche 24 juin, accueille en tête d'affiche Iron Maiden ou encore Johnny Depp. Indépendant, le Hellfest bénéficie d'un budget "entre 22 et 23 millions" d'euros, précise sur franceinfo Ben Bardaud, directeur et fondateur du festival. Mais l'esprit reste celui d'une "grande kermesse."

franceinfo : D'où vient le public du Hellfest ?

Ben Bardaud : D'un peu partout. Nous avons, cette année, un peu plus de 70 nationalités différentes. La grande majorité [du public] vient de la région Grand-Ouest, mais nous avons des gens qui viennent de toute la France. Le Hellfest est devenu un événement ultra populaire, et par conséquent intergénérationnel. Chacun [des festivaliers] écoute sa période de musique extrême différente. Les fans de heavy metal sont certainement plus âgés que ceux de hardcore. Mais tout le monde vit le même événement, ensemble, et tout se passe pour le mieux. C'est une sorte de grande kermesse. Nous voulons offrir aux festivaliers plus qu'une simple suite de concerts. Nous offrons la possibilité de les faire vivre trois jours ailleurs. Et la scénographie fait effectivement partie de cette expérience. Pouvoir proposer des décors qui mettent le spectateur en conditions nous tient très à cœur.

Une des particularités de votre festival est la fidélité du public. Quasiment tous les billets sont vendus d'une année sur l'autre.

Exactement. Année après année, les ventes se font de plus en plus rapidement. L'an dernier, c'est l'équivalent de 60 000 billets qui sont partis en à peine 30 heures, et ce sans jamais avoir annoncé un groupe avant la mise en vente. C'est un grand travail de fidélisation et de confiance que nous avons mené auprès de ce public fétichiste. Cela nous aura pris treize ans mais nous y sommes arrivés.

Le Hellfest ne risque-t-il pas de devenir une très grosse machine et de perdre une partie son âme ?

Aujourd'hui, le Hellfest est déjà une très grosse machine. Mais non, il ne perdra pas son âme. A la différence d'autres événements organisés par des sociétés de production privées, l'organisation du Hellfest reste associative et chaque euro gagné par le festival est directement réinvesti dans de nouvelles infrastructures et un futur décorum pour l'année d'après. L'organisation est restée très indépendante et peut répondre aux demandes du public. Nous sommes le festival doté du plus gros budget, entre 22 et 23 millions, et du plus gros chiffre d'affaire, mais les gens sentent que l'état d'esprit n'a pas été perdu.