Francofolies de La Rochelle : Fatoumata Diawara, une femme d'éloquence

La chanteuse malienne Fatoumata Diawara faisait partie des premiers artistes à se produire lors de l'ouverture, mercredi, de la 34e édition des Francofolies à la Rochelle. 

La chanteuse malienne Fatoumata Diawara en concert lors du festival des Francofolies de La Rochelle le 14 juillet 2017.
La chanteuse malienne Fatoumata Diawara en concert lors du festival des Francofolies de La Rochelle le 14 juillet 2017. (XAVIER LEOTY / AFP)

Quand son regard capte le vôtre, il devient difficile de s'en défaire. L'intensité n'est pas un moindre mot avec Fatoumata Diawara. Elle fait partie, cette année encore, des premiers artistes à se produire aux Francofolies, qui ont débuté le 11 juillet à la Rochelle. La chanteuse et actrice malienne, vue notamment dans le film Timbuktu d'Abderrahmane Sissako, sait parfaitement pourquoi elle fait de la musique. D'autant plus aujourd'hui, alors que "nous sommes dans le siècle de la femme", estime-t-elle. 

En dehors du fait que je sois une femme africaine, je sens que les gens sont contents qu'il y ait une femme qui joue de la guitare et qui a quelque chose à dire avec ses mots.Fatoumata Diawaraà franceinfo

Dans ses chansons, la chanteuse africaine parle beaucoup de la jeunesse. "J'essaye de porter la voix qui dit 'nous voulons la paix, nous voulons l'amour'", explique-t-elle. 

L'année dernière, Fatoumata Diawara était déjà aux Francofolies. C'était avec Matthieu Chedid et son projet collectif Lamomali. Là aussi, tout un symbole : "Avec cette arme-là, nous essayions de faire notre politique", confie-t-elle. 

Matthieu nous disait : 'Il faut que je me lève pour montrer l'exemple à travers ce projet, pour montrer à quel point la diversité c'est beau, à quel point ensemble dans la positivité, nous pouvons faire du bien'.Fatoumata Diawaraà franceinfo

"Il a réalisé un acte politique sans s'en rendre compte", s'enthousiasme la chanteuse. 

Une voix pour consacrer l'humanité

Dans un Mali qui ne manque pas de grandes figures musicales, Fatoumata Diawara est déjà une grande après deux albums. Dans le dernier, Fenfo, coréalisé avec -M- et sorti en mai 2018, on y entend toute son énergie à mêler ses influences. Un pied dans la tradition et l'autre dans les musiques actuelles.

Un titre retient l'attention, celui de Nterini. Pour celle qui a fui sa famille pour arriver en France, il était important de consacrer ce titre, aujourd'hui plus qu'avant, aux immigrés de tous horizons. "L'humain c'est en voyageant qu'il a pu bâtir le monde, raconte-t-elle. Même l'Amérique a été bâtie sur l'immigration. Nous sommes tous des nomades quelle que soit notre couleur", poursuit l'artiste.

"Moi, je suis une immigrée mais c'est grâce à l'immigration que je suis face à ce micro", conclut Fatoumata Diawara. Et aujourd'hui, de ce micro elle ne pourrait s'en détacher. Car sur disque ou en concert, c'est de ses combats que Fatoumata Diawara se libère.

Fatoumata Diawara, à retrouver dans de nombreux festivals cet été, notamment le 8 août à Jazz In Marciac, et en tournée cet automne.