Face aux violences faites aux femmes, l’opéra de Florence revisite la fin de Carmen

Le célèbre opéra de Bizet a une nouvelle fin à Florence. Le metteur en scène a décidé que, désormais, Carmen tuerait son amant jaloux et non l’inverse. Cette nouvelle production sera jouée dès le 7 janvier.

Une représentation de l\'opéra Carmen, à Orange, en 2015 (illustration).
Une représentation de l'opéra Carmen, à Orange, en 2015 (illustration). (BORIS HORVAT / AFP)

Les puristes n’apprécieront sans doute pas la nouvelle adaptation de l’opéra de Carmen au Teatro del Maggio, à Florence, en Italie, prévue pour être jouée à partir du 7 janvier prochain.

Après que l’affaire Weinstein a mis sur le devant de la scène médiatique les violences faites aux femmes, le metteur en scène Leo Muscato a décidé de changer la fin de l’œuvre. Si, dans la version originale, Carmen est tuée par son ancien amant jaloux Don José, dans cette nouvelle adaptation de l’œuvre de Georges Bizet, elle le tue en lui arrachant son pistolet.

Une nouvelle fin et un nouveau décor

Pour justifier ce changement, le porte-parole du théâtre rappelle que l’opéra de Carmen a été écrit dans un contexte culturel différent. Mais aujourd’hui les choses changent, notamment en Italie. Dans le pays, les violences faites aux femmes défraient la chronique ces derniers mois, avec la mort de plusieurs femmes sous les coups de leur compagnon. "Dans une société marquée par le meurtre des femmes, comment applaudir la mort d’une d’entre elle ?", insiste le directeur du théâtre, qui se félicite que l’œuvre ait un écho avec l’actualité.

Et cette fin alternative n’est pas la seule liberté prise par le metteur en scène. Il a également décidé de situer l’action dans un camp de Roms, au début des années 80, évacué par les forces de l’ordre. Avant même d’être chantée, cette nouvelle production de Carmen fait déjà beaucoup parler.