Revivez sur france.tv le Concert du Nouvel An de Vienne, porté haut par le chef autrichien Franz Welser-Möst

Temple de la tradition viennoise, la mythique salle dorée du Musikverein a accueilli une fois encore le Concert du Nouvel An de l’Orchestre philharmonique de Vienne, et son festival de danses, valses, quadrilles et autres polkas.
Article rédigé par Lorenzo Ciavarini Azzi
France Télévisions - Rédaction Culture
Publié
Temps de lecture : 3 min
Le Concert du Nouvel An de Vienne dirigé par Franz Welser-Möst, le 1er janvier 2023 au Musikverein. (ROMAN ZACH-KIESLING / APA-PICTUREDESK)

Revivez dès maintenant, sur france.tv, la magie du Concert du Nouvel An de Vienne, rendez-vous musical et télévisuel qui depuis 1958 ouvre traditionnellement l’année. Deux heures de concert pour goûter à ce must viennois où se rejoignent des ingrédients d’exception : un lieu mythique, la salle dorée (et largement fleurie) du Musikverein ; un orchestre parmi les plus réputés au monde, le Wiener Philharmoniker ; et un répertoire de musiques de danse viennoises – valses, polkas françaises, polkas rapides, galops… - rigoureusement renouvelé d’année en année, mais dans le respect de la tradition (en gros, les œuvres de la famille Strauss ou semblables) et d’un rituel des plus stricts.

Cette année encore, cette conjonction des astres opère, cette fois sous la houlette d’un chef autrichien officiant pour la troisième fois, Franz Welser-Möst. Un enfant du pays, 62 ans, aujourd’hui directeur musical du prestigieux Orchestre philharmonique de Cleveland. La baguette agile ou le geste ample et délicat, selon les mouvements, le chef affiche surtout une sérénité que lui procure la complicité avec la phalange viennoise, fruit d’années de collaboration. Une expression, un regard, un signe de la main. Dès les premières mesures de Wer tanzt mit ? ("Qui vient danser avec nous ?"), polka rapide, gaie et légère d’Eduard Strauss en ouverture, l’engagement est total. Et le public aussitôt acquis. 

Josef Strauss superstar


Franz Welser-Möst enchaîne un programme où l’on a mis à l’honneur cette année le plus méconnu sans doute des frères Strauss, Josef (surnommé Pepi), musicien de talent resté dans l’ombre de Johann fils, le célèbre compositeur du Beau Danube Bleu. Ingénieur et chercheur en sciences, avant de venir sur le tard à la composition, Josef Strauss a pourtant signé des œuvres remarquables que l'on découvre pour l'essentiel dans la deuxième partie du concert, la plus longue.

Comme cette très belle valse naturaliste, Zeisserin, où l’on devine, avec émotion dans la salle, le son du chant d’un oiseau de la campagne viennoise qui a donné le nom à l’œuvre. Ou la Angelica Polka, une polka française d’une grande finesse, au rythme particulièrement lent. Et que dire de cette autre joyeuse polka française, Heiterer Muth, entonnée par Les petits chanteurs de Vienne, entendus pour la première fois en chœur mixte, garçons et filles, au Musikverein ? Une petite révolution… Les téléspectateurs profiteront enfin de la pièce Les perles de l’amour, d’une grande poésie, pour admirer les danses des solistes du Ballet de l’Opéra de Vienne, tournées dans le Palais de Laxembourg, en Basse-Autriche et ses somptueux jardins. 

Rituel final inchangé

Si l’œuvre de Josef Strauss est sans conteste la nouveauté de ce Concert du Nouvel An, d’autres belles pièces méritent l’attention. Ainsi l’ouverture de l’opérette Isabella de Franz Von Suppè (en première partie), rarement jouée, d’une grande richesse. Ou la Glocken Polka, Polka des cloches en français, d’un autre grand compositeur autrichien, Joseph Hellmesberger, ravissante et délicate pièce rapide où l’on aperçoit les clochettes de toutes les couleurs dans l’orchestre. Mention spéciale, enfin, pour le Quadrille du baron tsigane de Johann Strauss fils, qui offre un savoureux mélange de style viennois et de couleurs tsiganes, façon orientale. Un régal. 

Mais dans la salle, comme à la maison, le public attend avec impatience le rituel final du Concert du Nouvel An qui accompagne les vœux prononcés par le chef Welser-Möst : un galop, la plus rapide des danses, ici celui superbe des Bandits de Johann Strauss fils, suivi du Beau Danube Bleu. Tradition, disions-nous. Et la Marche de Radetzky de Johann Strauss père, portée par les applaudissements des spectateurs, selon le rythme défini par le chef d’orchestre. Vous la siffloterez encore longtemps.

PROGRAMME 


Première partie

Eduard Strauss Wer tanzt mit ?, Fast Polka, op. 251
Josef Strauss Heldengedichte, Waltz, op. 87
Johann Strauss Jr. Zigeunerbaron-Quadrille, op. 422
Carl Michael Ziehrer In lauschiger Nacht, Waltz, op. 488
Johann Strauss Jr. Frisch heran !, Fast Polka, op. 386

Seconde partie
Franz von Suppè Ouvertüre zur komischen Operette Isabella
Josef Strauss Perlen der Liebe, Waltz, op. 39
Josef Strauss Angelica-Polka, Polka française, op. 123
Eduard Strauss Auf und davon, Fast Polka, op. 73
Josef Strauss Heiterer Muth, Polka française, op. 281
Josef Strauss For ever, fast Polka, op. 193
Josef Strauss Zeisserln, Waltz, op. 114
Joseph Hellmesberger Glocken-Polka und Galopp, extrait du Ballet Excelsior
Josef Strauss Allegro fantastique, Anh. 26b
Josef Strauss Aquarellen, Waltz, op. 258

BIS
Johann Strauss Jr. Banditen-Galopp, Fast Polka, op. 378
Johann Strauss Jr. An der schönen blauen Donau, Waltz, op. 314
Johann Strauss Sr. Radetzky March, op. 228


Chœur des petites chanteuses et petits chanteurs de Vienne
Orchestre philharmonique de Vienne, dir. Franz Welser-Möst

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