Musique, cinéma, BD... 250 ans après, Beethoven toujours présent dans la culture populaire

Le compositeur allemand, né il y a un quart de millénaire, reste une sommité de l’histoire de la musique, au même titre que Bach et Mozart. Sans surprise, sa présence a émaillé de nombreuses références dans les musiques modernes, le cinéma, les sketchs ou même la bande dessinée. 

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France Télévisions Rédaction Culture
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Beethoven, un amoureux de la nature (Denys Legros)

Baptisé le 17 décembre 1770, Ludwig van Beethoven serait né soit le jour-même, soit la veille. Certaines sources évoquent également le 15. Mais c’est bien aujourd’hui que sont célébrés les 250 ans du compositeur allemand, mondialement connu et déjà culte de son vivant. Un faiseur de tubes avant l’heure. Qui ne connaît pas les notes d’introduction de sa symphonie numéro 5 ? Le guitariste de hard-rock-fusion Joe Satriani estime même qu’il s’agit sans doute de la phrase musicale la plus connue au monde.

Le riff le plus célèbre de toute l'Histoire de la musique, ce n'est pas 'Smoke on the water', c'est la 5e de Beethoven !

Joe Satriani

guitariste hard-rock

Un compositeur classique à "tubes"

On peut aussi citer, entre autres, le final de sa neuvième et dernière symphonie, "L'ode à la joie" ("Ode an die Freude"), qui deviendra plus tard l'hymne européen. Mais Beethoven n’est pas célèbre que pour ses symphonies. Ses pièces pour piano sont également des passages obligés pour tout apprenti musicien. Tout le monde a entendu au moins une fois la ritournelle de La lettre à Elise, que Coluche et ses acolytes de fanfare se sont employés à massacrer, tout comme ils l’avaient fait pour Jésus que ma joie demeure de Bach.

Jouer à la manière de…

Le style pianistique de Beethoven est tellement identifiable qu’un autre morceau joué la manière de ses sonates sonne instantanément comme s’il était de lui. Dans cette émission comique britannique des sixties Beyond the Fringe, le musicien et comédien Dudley Moore parodie une sonate dans le plus pur style beethovénien, en brodant autour du thème du Pont de la rivière Kwaï.

Bach, Beethoven… et les Beatles

Si on évoque souvent le trio Brel-Brassens-Ferré pour la chanson française, la musique classique possède sa sainte-trinité allemande dans les "trois B" : Bach, Beethoven et Brahms. Mais à cette formule académique, on peut préférer l’inclusion des Beatles, qui ont lié leur musique avec celle de Beethoven à au moins deux reprises.

John Lennon a dit s’être inspiré du premier mouvement de la sonate Clair de lune, mais en la jouant dans l'ordre inverse, pour composer le superbe Because, qui figure sur le chant du cygne des Beatles, Abbey road. Il s’avère que le morceau des Fab Four n'est pas la Sonate de Beethoven à l'envers comme cela a parfois été dit. Néanmoins, l'influence harmonique est indéniable :

Si John Lennon s'est inspiré de La sonate “Clair de lune” pour composer Because, George Harrison quant à lui, aimait reprendre un tube de Chuck Berry : Roll over Beethoven. Ou comment associer le compositeur allemand et le rockabilly.

La chanson a été maintes fois reprise, de Jerry Lee lewis à Status Quo, en passant par les Rolling Stones. Mais Electric Light Orchestra avait la particularité d'introduire le morceau par le célèbre thème du premier mouvement de la 5e Symphonie :

Au cinéma, d'"Orange Mécanique" à "Fantasia"

Stanley Kubrick a toujours utilisé de la musique classique dans ses films, la plupart du temps à contre-emploi, pour sublimer des séquences choc, et surtout en prenant un contre-pied radical : un décalage entre images et bande-son parfaitement assumé, afin de susciter la surprise, voire le malaise.

Les pérégrinations violentes d'Alex dans Orange mécanique (1971) se font au son des 2e et 4e mouvements de la 9e Symphonie de Beethoven.

Autre symphonie de Beethoven utilisée au cinéma : la sixième, dite Pastorale, figure dans Fantasia de Walt Disney (1940). Elle a ainsi été transposée dans un univers mythologique avec des chevaux ailés, dont le fameux Pégase, future monture du héros olympien Hercule. Mais sa durée initiale de 40 minutes a été réduite de moitié pour les besoins du film. Ce que nombre de puristes mélomanes n'ont pas pardonné au roi du dessin animé et au chef d'orchestre Leopold Stokowski, les accusant d’avoir saccagé l'œuvre de Beethoven.

Beethoven… pour rire

Le compositeur au tempérament souvent jugé acariâtre, a aussi suscité des références au ton beaucoup plus léger. Le patronyme de Beethoven a ainsi été octroyé à un Saint-Bernard dans le film éponyme. Si le chiot répond en aboyant aux notes de la 5e symphonie, c'est bien le tube de Chuck Berry, remanié en version plus moderne, qui trône en bonne place sur la bande originale du film.

Enfin, toujours dans le domaine humoristique, le génial dessinateur Gotlib lui a consacré une double page dans le tome 4 de sa non moins célèbre Rubrique-à-Brac, en se focalisant sur la Symphonie Pastorale.

Gotlib "Rubrique-à-Brac, Tome 4" (1973) (Gotlib / Dargaud / Photo Jean-François Convert)

Il est amusant de noter que la couverture de ce même tome 4, paru en 1973, représente l'auteur en version parodique du personnage principal d'Orange Mécanique, film sorti deux ans auparavant. Décidément, tous les chemins ramènent à Beethoven.

Gotlib "Rubrique-à-Brac, Tome 4" (1973) (Gotlib / Dargaud)

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