Le musicien de jazz et chanteur Marcel Zanini, connu pour son tube "Tu veux ou tu veux pas", est mort à 99 ans

Ce grand clarinettiste et chanteur avait allié jazz et variétés. Marcel Zanini est mort à l'hôpital à Paris, a indiqué son fils, l'écrivain Marc-Édouard Nabe.
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France Télévisions Rédaction Culture
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Marcel Zanini le jour de ses 87 ans, à Paris le 9 septembre 2010 (VINCENT GRAMAIN/SIPA)

Le musicien Marcel Zanini, grande figure du jazz français, mais également chanteur de variétés, connu pour son tube Tu veux ou tu veux pas, est mort mercredi à l'âge de 99 ans à l'hôpital à Paris, a indiqué à l'AFP son fils, l'écrivain Marc-Édouard Nabe (pseudonyme d'Alain Zannini).

Jazz à Saint-Germain-des-Prés

Marcel Zanini, né Zannini à Istanbul le 7 septembre 1923, est issu d'un père franco-italien et d'une mère grecque d'Asie mineure, qui avaient quitté la Turquie pour Marseille en 1930.

Arrivé en France, il délaisse vite l'école et enchaîne les petits boulots : mitron, menuisier, garçon de courses... Et tombe un jour sur une affiche de cinéma qui représente Benny Goodman jouant de la clarinette. Il va voir le film et en sort subjugué. Il a alors 19 ans et se met lui aussi à la clarinette. "La première fois que j'ai soufflé dedans, j'ai joué une note. Elle était peut-être fausse mais elle était jazz", racontait-il avec son humour légendaire. A la fin de la guerre, il intègre le quintette de Léo Missir, qui deviendra plus tard directeur artistique chez Barclay.

Il est emporté par l'explosion du jazz à Saint-Germain-des-Prés à Paris. "Le jazz, c'est toute ma vie. C'est une passion, une maladie. Le jazz, c'est mieux que d'être amoureux", confiait-il en 2005 à l'AFP. Clarinettiste et saxophoniste ténor, il part même s'installer quatre ans à New York dans les années 50 pour être au plus près des musiciens de légende et fréquenter les boîtes de jazz. Pendant son séjour aux Etats-Unis, où il écrit pour le magazine spécialisé Jazz Hot, il croise Louis Armstrong, Lester Young, Billie Holiday et celui qui l'impressionne le plus, "Bird". "Avoir vu jouer Charlie Parker, c'est une des plus grosses impressions de ma vie", disait-il. "Dès les premières notes, il vous touchait droit aux entrailles".

"Tu veux ou tu veux pas"

Mais davantage que le jazzman reconnu, le grand public garde de Marcel Zanini l'image de ce petit bonhomme facétieux à la Tati ou à la Benny Hill, qui fait irruption à la radio et à la télévision à la fin des années 60 avec une chanson adaptée d'un titre brésilien de Wilson Simonal, Nem vem que não tem,  qu'il enregistre en un quart d'heure... "Tu veux ou tu veux pas / Tu veux, c'est bien / Si tu veux pas, tant pis / Si tu veux pas, j'en ferai pas une maladie", fredonne-t-il devant une paire de cuissardes noires.

Désarmante de simplicité, la chanson - refusée par plusieurs artistes, dont Eddy Mitchell - connaît un énorme succès. Elle est sur toutes les lèvres, y compris de Brigitte Bardot, qui la reprend un an plus tard. Une gloire soudaine (160.000 disques vendus en un temps record) qu'il regarde étonné, par-dessus ses grosses lunettes. Si elle ne lui apporte pas la fortune -"question argent, je suis vraiment passé à côté"-, elle lui confère donc une notoriété énorme. "Et, au bout du compte, bizarrement, cela m'a fait connaître comme musicien de jazz".

Pendant des décennies après le succès de Tu veux ou tu veux pas, il continue à réaliser des albums de jazz, où il alterne reprises et compositions originales, et à se produire dans les clubs. Parfois accompagné à la guitare par son fils Marc-Edouard Nabe, écrivain devenu sulfureux et exilé en Suisse. "Jamais je n'ai abandonné le jazz. Tous les jours, j'en écoute et j'en joue".

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