"Magicien des ciseaux et de la couture", Azzedine Alaïa est mort à l'âge de 77 ans

Son nom est associé à la mode parisienne des années 1980.

Le couturier Azzedine Alaïa pose à Londres (Royaume-Uni), le 7 septembre 2017.
Le couturier Azzedine Alaïa pose à Londres (Royaume-Uni), le 7 septembre 2017. (FRANCOIS GUILLOT / AFP)
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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

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Il a habillé aussi bien Grace Jones qu'Arletty ou Michelle Obama. Le couturier franco-tunisien Azzedine Alaïa est mort, samedi 18 novembre, à l'âge de 77 ans, annonce la Fédération de la haute couture, confirmant une information du Point. Son nom est associé au Paris des années 1980, quand une "nouvelle génération, osant les tenues moulantes et échancrées dansait au Palace jusqu'à l'aube", écrit Télérama.

Figure atypique de la mode à Paris, il présentait ses défilés selon son propre calendrier, à l'écart de la frénésie des Fashion Weeks, et sans mise en scène spectaculaire. Allergique à la promotion, cet homme discret, invariablement vêtu d'un costume chinois passe-partout, avait le luxe de se passer de publicité. Ses rares défilés se déroulant en petit comité dans son atelier-boutique du Marais.

Inventeur du body et de la jupe zippée dans le dos

Etudiant la sculpture aux Beaux-Arts de Tunis, ce fils d'agriculteurs a commencé à travailler pour une couturière de quartier. Arrivé à Paris à la fin des années 1950, il travaille brièvement chez Dior. Jeune homme au pair, il commence à habiller des femmes du monde, dont il devient souvent le confident. Elles lui présentent Arletty, l'une de ses muses, et même "la" Garbo.

Le couturier contribue largement à définir la sihouette féminine des années 1980, à l'assurance sexy, en inventant le body, le caleçon noir moulant, la jupe zippée dans le dos, des modèles copiés à l'infini. Ses robes seconde peau sont à la fois provocantes et distinguées.

"Petit par la taille, mais grand dans la mode"

"C'est un couturier de grand talent qui s'en va. C'est une très triste nouvelle", a déclaré à l'AFP le couturier Pierre Cardin. Pour l'ancien ministre de la Culture et président de l'Institut du monde arabe (IMA), Jack Lang, "Azzedine savait mieux que quiconque sublimer les femmes". "Il les aimait et elles, en retour, lui vouaient une vénération infinie", a-t-il déclaré sur son compte Facebook, ajoutant : "Il était un magicien des ciseaux et de la couture."

Les hommages n'ont pas tardé à inonder aussi Twitter, après l'annonce de la mort du couturier. Mannequins et couturiers ont salué un créateur "petit par la taille, mais grand dans la mode", aussi surnommé "le Petit Prince de la couture", qui a "changé le cours de la mode contemporaine".