Isabel Marant accusée par le Mexique d'utiliser des dessins indigènes pour sa collection automne-hiver 2020

À travers le monde, un grand nombre de communautés autochtones font face au problème de plagiat ou d’appropriation de leurs artisanats traditionnels par des marques qui copient des motifs pour réaliser leurs créations

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France Télévisions Rédaction Culture
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Défilé Isabel Marant automne-hiver 2020-21 à la Paris Fashion Week le 27 février 2020 (J.M. HAEDRICH/SIPA)

Le Mexique a interpellé la créatrice de mode française Isabel Marant en lui reprochant d'exploiter commercialement plusieurs motifs traditionnels de peuples indigènes mexicains dans sa collection automne-hiver 2020-21, a indiqué le 4 novembre le gouvernement mexicain.

"Protection des droits de ceux qui ont été historiquement invisibilisés"

Dans un courrier la ministre mexicaine de la Culture s'adresse à Isabel Marant, qui avait déjà fait l'objet en 2015 de reproches similaires. "Je vous demande, Madame Isabel Marant, d'expliquer publiquement sur quels fondements vous privatisez un bien collectif, en utilisant des éléments culturels dont l'origine est pleinement documentée", écrit Alejandra Frausto dans sa lettre, citée dans un communiqué. 

La ministre estime que les communautés ayant créé ces dessins pourraient être rétribuées pour leur exploitation à des fins commerciales effectuée par la société de prêt-à-porter d'Isabel Marant. Selon le courrier, un principe relevant de l'éthique oblige le Mexique à mettre en débat "un thème incontournable : la protection des droits de ceux qui ont été historiquement invisibilisés".

Selon les autorités mexicaines, pour sa collection Étoile automne-hiver 2020-21, Isabel Marant a utilisé des éléments culturels des communautés de Michoacan (ouest), de l'Etat de Mexico, de Tlaxcala (centre), de San Luis Potosi (nord) et d'Oaxaca (sud). Est citée comme exemple une cape qui imiterait la géométrie de vêtements de la culture de la population "purepecha", présente dans l'Etat de Michoacan. Ce vêtement coûte 490 euros sur le site de vente en ligne d'Isabel Marant, a constaté l'AFP.

Carolina Herrera, Zara et Mango déjà pointés du doigt

En 2019, le Mexique avait reproché à Carolina Herrera, créatrice de mode vénézuélienne installée aux États-Unis, d'avoir copié des broderies colorées propres à la communauté de Tenango. 

Les marques Zara, Mango et Rapsodia se sont également vu critiquer de "s'approprier" des dessins du Mexique qui, avec 56 groupes ethniques, détient une importante richesse artisanale, tels des tissus et broderies.

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