Fukumi Shimura tisse des Kimonos, en soie, aux couleurs de la nature

La maison de la culture du Japon présente des kimonos créés par Fukumi Shimura et sa fille et disciple Yöko. Pour elles, teindre et tisser n'est pas une simple activité artistique, c'est avant tout la quête d'une coexistence harmonieuse avec la nature. En redonnant vie, aux fils des cocons de soie et aux couleurs des plantes, Fukumi Shimura témoigne de son profond respect pour la nature.

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Depuis plus d’un demi-siècle, Fukumi Shimura tisse des kimonos avec des fils de soie qu’elle teint avec des végétaux. Influencée par le mouvement Mingei -qui reconnaissait la valeur des arts populaires- elle a toujours recherché la beauté dans le Tsumugi, pongée de soie que les paysannes japonaises tissaient pour leur usage quotidien. DR
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Aujourd’hui, âgée de près de 90 ans, Fukumi Shimura continue à exprimer dans ses créations sa fascination pour la nature et l’infinie variété de ses couleurs. La poésie, le Dit du Genji et d’autres chefs-d’oeuvre de la littérature sont aussi pour elle une source d’inspiration majeure. La place essentielle qu’occupe la couleur dans l’esthétique japonaise est illustrée par l’expression « Quarante-huit nuances de brun, cent nuances de gris » en vogue à l’époque Edo (1603-1868).
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Perpétuant cette tradition, Fukumi Shimura porte une extrême attention au choix des coloris comme l’attestent les kimonos présentés ici. Dans les collines verdoyantes de Kyôto où se niche son atelier, elle crée ses teintures à partir de toutes sortes de végétaux : grémil des teinturiers, garance, sappan, gardénia, oignon... D'autres matériaux naturels entrent dans le long processus de fabrication de ses kimonos, puisque les fils délicats sont produits par les vers à soie et que certains mordants (fixateurs) utilisés pour fixer la teinture sont à base de minéraux.DR
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Pour Fukumi Shimura, la teinture est une philosophie. La couleur contient le mystère d’un univers qui la dépasse : "Il est, en effet, impossible d'extraire telles quelles des végétaux les couleurs que notre œil perçoit". Dans son atelier qu'elle a fondé avec sa file Yôko en 1990, elle travaille en fonction du cycle des saisons, en se basant sur le calendrier lunaire. Yasunari Kawabata, prix Nobel de littérature, écrira en 1970 à propos de Fukumi Shimura : « Sa modestie et sa soumission à l’égard de la nature sont tout entières dans l’harmonie élégante et subtile des nuances. »DR
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Grâce à sa sensibilité et à son imagination singulières, elle été élevée au rang de Trésor national vivant en 1990 par le gouvernement japonais. « Trésor national vivant » est l’expression informelle couramment utilisée pour désigner les personnes officiellement reconnues par l'Agence nationale japonaise de la Culture comme détentrices d’un Bien culturel immatériel important, selon la loi relative à la protection des biens culturels.DR
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A la maison de la culture du japon, l’espace où sont rassemblés métier à tisser, outils, écheveaux de fils, plantes et fleurs utilisées pour la teinture donne l’impression de pénétrer dans l’atelier de Fukumi Shimura. Il permet de mieux comprendre le long et minutieux processus de fabrication de ces chefs-d’oeuvre de soie. DR
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Exposition "Tisser les couleurs. Kimonos d’un Trésor national vivant" du 5 novembre 2014 au 17 janvier 2015. Maison de la culture du Japon. 101 bis, quai Branly. 75015 Paris. www.mcjp.fr
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