"Le risque, c'est que tout le monde s'engouffre dans le numérique" : la Fashion Week à Paris démarre en petit comité

Jusqu'au 6 octobre, une quinzaine de maisons seulement vont défiler physiquement à la Fashion Week à Paris. Pour les 70 autres, ce sera en version numérique. Est-ce la fin du grand rituel des défilés ?

Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Le défilé de Fendi, collection printemps-été 2021, à la Fashion Week de Milan, le 23 septembre 2020; (MIGUEL MEDINA / AFP)

Défilés masqués avec très peu d'invités étrangers et "sous réserve" de l'évolution des consignes sanitaires face à l'épidémie de coronavirus : la Fashion Week à Paris est de retour du 28 septembre au 6 octobre. Moitié physique, moitié numérique, les créateurs s'adaptent aux recommandations officielles et tentent de s'approprier les nouveaux formats.

Seules 20% des maisons défileront en physique

Chez Coperni, cela fait des mois que la décision est prise. Une évidence pour les deux jeunes co-fondateurs de la maison de prêt-à-porter féminin : il y aura bien un défilé, un vrai, sans masque pour les mannequins, à bonne distance les unes des autres. Et les dernières annonces du gouvernement n'y changent rien. "Le moment où les invités sont là, les mannequins sont prêtes, le maquillage, la coiffure, la musique, le lieu... C'est un moment extraordinaire, c'est un moment magique pour les équipes où il y a une stimulation créative qu'on ne retrouve jamais ailleurs !", s'émerveille Arnaud Vaillant, le PDG de Coperni.

Même si le numérique fait partie des outils quotidiens de Sébastien Meyer,
le directeur de la création chez Coperni. "Le risque, c'est que tout le monde s'engouffre dans le digital, explique-t-il. Mais le problème du digital, c'est que c'est très froid, ça nous éloigne de plus en plus les uns des autres (...) Si c'est juste faire une vidéo et la lancer sur internet, ce n'est pas très intéressant."

On est à fond pour le digital, mais quand cela permet de proposer une expérience qui, au contraire, rassemble, qui devient interactive.

Sébastien Meyer, directeur de la création chez Coperni

à franceinfo

Sur le calendrier officiel figurent 84 maisons. Pourtant, 80% d'entre elles vont dévoiler leur collection par vidéo, à l'image de Mugler, Issey Miyake, Nina Ricci, Balenciaga, Givenchy ou encore Agnès b. Saint-Laurent l'a déjà fait il y a quelques jours en dévoilant sa collection homme. Un film tourné sur les toits des monuments parisiens.

Les premières images de la Fashion Week sont visibles dans le monde entier depuis 5 heures ce lundi matin matin. Pas de cartons d'invitation, pas de piston, et "quelle économie !", selon Dominique Muret de Fashion network, un site d'information professionnel. "Les maisons n'ont probablement pas les moyens de se payer un défilé en ce moment, assure-t-elle. En plus, beaucoup d'acheteurs viennent de l'Orient, de l'Asie, des États-Unis, probablement qu'ils ne viendront pas."

C'est un gros investissement pour un retour qui risque de ne pas être si intéressant que ça.

Dominique Muret, Fashion network

à franceinfo

Selon elle, "il y a beaucoup de maisons qui ont changé complètement. Le confinement a généré un débat sur le fait qu'il fallait ralentir la frénésie qui existait avant. On est dans un grand bouleversement du système de la mode et du marché en ce moment."

La Paris Fashion Week printemps-été 2021, avec ou sans défilés - Reportage de Sophie Auvigne - 0
--'--
--'--

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.