Après San Francisco et Los Angeles, New York va-t-elle interdire la fourrure ?

La Fashion Week de Londres a annoncé en septembre 2018 qu'il n'y aurait plus de fourrure dans ses défilés. Des grands noms de la mode, comme Gucci, Versace ou Burberry, sont de plus en plus nombreux à abandonner la vraie fourrure.

Un mannequin porte une création avec de la fourrure lors du défilé Marco De Vincenzo automne-hiver 2019-2020 à Milan en Italie, le 22 février 2019
Un mannequin porte une création avec de la fourrure lors du défilé Marco De Vincenzo automne-hiver 2019-2020 à Milan en Italie, le 22 février 2019 (MARCO BERTORELLO / AFP)

Un projet de loi municipal visant à interdire la vente de fourrures à New York fait polémique avec, d'un côté, des défenseurs des animaux et, de l'autre, une alliance de représentants d'un secteur à la longue tradition new-yorkaise et des minorités attachées au port de fourrure.

Le texte, qui interdirait la vente de manteaux ou d'accessoires de fourrure neuve dans la capitale financière américaine mais autoriserait l'utilisation de fourrures de seconde main, a été introduit fin mars 2019 par le numéro deux du conseil municipal, Corey Johnson. Il prévoit des amendes de 500 dollars pour une première contravention, et de 1.500 dollars en cas de récidive.

Des lois déjà votées à San Francisco et Los Angeles

"Il s'agit d'un débat sur comment nous traitons les animaux et comment arriver à une société plus humaine", déclarait récemment Corey Johnson. "Je pense qu'il est inutile de tuer des animaux juste pour pouvoir les porter".

La proposition de loi new-yorkaise intervient sur fond de pression croissante sur le secteur de la fourrure. Des lois interdisant la vente de fourrure ont déjà été votées à San Francisco et à Los Angeles.

Une manifestation à New York

Mercredi 15 mai, des centaines de personnes ont manifesté devant la mairie de New York, avant un débat sur le texte dans l'après-midi, et un vote ultérieur. Séparés par la police, des manifestants des deux bords criaient des slogans opposés, armés de pancartes qui, d'un côté, dénonçaient l'utilisation d'animaux comme "accessoires de mode", et de l'autre, demandaient de "protéger les emplois new-yorkais - pas d'interdiction de fourrure".

Parmi les défenseurs de la fourrure figurent des employés de ce secteur économique, qui craignent la fermeture de 150 petites entreprises représentant plus de 7.000 emplois. Mais aussi des juifs hassidiques portant des bonnets en fourrure pour les fêtes, des pasteurs noirs, ou le rappeur Safaree Samuels.