Défilés masculins : surprise par les superpositions ethniques de Givenchy

C'est le défilé Givenchy auquel j'aurais voulu assister lors de cette 3e journée où 11 créateurs dévoilaient leurs collections automne-hiver 2015-16. Riccardo Tisci s'est inspiré d'un univers surprenant, mi-gothique mi-punk, dans une palette de tonalités où le rouge et le noir dominaient.

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Le directeur artistique de Givenchy a conservé l'élégance aristocratique et les lignes architecturales de la maison mais il y a ajouté ses propres influences. Il trace un vestiaire épuré, structuré et graphique. Les hommes gominés ou avec des nattes portent le costume cintré. Riccardo Tisci joue sur les superpositions en ajoutant quasi systématiquement une jupe boutonnée sur le devant. Le noir et les fines rayures cohabitent avec les motifs ethniques aux accents amérindiens. Les épingles à nourrice, tatouages, crucifix et queues de raton laveur complètent cette silhouette mi gothique, mi punk. Des traits de maquillage sur les lèvres dessinent une bouche cousue. Insolite, la présence de mannequins femmes parmi les hommes sur le podium. Elles portent des robes du soir tout en transparence dont la sensualité contraste avec des projections sur leur visage qui évoquent de la boue. FRANCOIS GUILLOT / AFP
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Pour son premier défilé hommes de l'ère Galliano, Maison Margiela n'a pas dérogé à sa ligne de conduite qui veut que l'on mette en avant le travail d'équipe. Signe de cette collégialité revendiquée, les blouses blanches que porte le personnel de la maison, sorte d'uniformes emblématiques. Concernant le rôle joué dans la collection par le couturier britannique, nommé à la D.A. de la marque il y a quatre mois, Maison Margiela indique qu'il s'agit "d'une oeuvre collective, supervisée par John Galliano". Maison Margiela a présenté une collection hommes aux tonalités seventies où le noir et le gris prédominent pour des pantalons qui se portent le plus souvent longs et larges. Les vêtements aux lignes épurées, au style quasi expérimental, répondent aux codes de la griffe. Les manteaux, eux aussi, affichent la longueur. Le jaune moutarde et le patchwork font une incursion et il arrive que les manches soient absentes et les cols en mouton retourné. Certains débardeurs osent la transparence sous un perfecto chocolat. A noter, quelques blousons et gilets à paillettes.PATRICK KOVARIK / AFP
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Mégots géants jonchant le sol, tapis recouverts de billets de 100 et 200 francs, une atmosphère fin de siècle régnait dans les salons de la Fondation Mona Bismarck, où MELINDAGLOSS présentait sa collection. Costume croisé à fines rayures, longue cape marine, mocassins à glands brillants, l'homme est mi-gangster, mi-dandy. Les mannequins posent par groupes, dans une salle où jouent des musiciens en live. Dans une autre pièce a été recréé un atelier de peinture. "Le garçon Melinda Gloss est assez nonchalant. Il est assez Parisien, mais relax, chic mais pas trop apprêté", résume Rémi de Laquintane, l'un des deux créateurs de cette marque fondée en 2009. "J'ai voulu travailler sur des choses qui sont assez classiques, les tapis, les gravures du 18e, et en même temps les transformer et mettre un peu de transgression, avec du cuir, des jacquards, des volumes assez généreux", décrit le créateur. L'interaction entre musique, peinture et mode est d'importance pour cet ancien étudiant en philosophie, dans un monde, souligne-t-il, "où tout communique".  Corinne Jeammet
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Pour sa collection Cerruti 1881 Paris, Aldo Maria Camillo s’inspire de l’oeuvre de Joseph Beuys. Il en capte l’esprit créateur, le goût pour les matières protéiques et protectrices…. De même que Beuys emploie le feutre pour conserver et protéger, Aldo Maria Camillo utilise les renforts typiques des vêtements de travail et de chasse - cuir, tissu, suède - comme signe distinctif qui protège de l'usage et de l'usure, personnalise et prolonge la durée de vie du vêtement. Cet homme se choisit des vêtements essentiels qui conjuguent la recherche de la beauté et l'utilité. Vestons de sport, trench-coat, blouson coupés dans des tissus empruntés à l’univers sartorial, dans une alternance de style formel et sportif ; Vestes de travail et pantalons aux lignes nettes et effilées, manteaux cachant des doublures détachables en fourrure et shearling. La vitalité de la matière apporte du mouvement à la palette des couleurs qui, à partir des nuances du gris typiques du vestiaire masculin s’ouvre au rouge Burgundy et au Camel, pour s'épaissir dans le bleu et le noir.  Indigital Images
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Bienvenue dans le monde étrange et merveilleux de 'Messy Massage Class', la collection du créateur danois Henrik Vibskov. L'Espace des Blancs Manteaux a été transformé en un spa surréaliste avec des proportions épiques. Les imprimées d'ondes sonores et de l'art se retrouvent sur le jersey double-face ainsi que la maille 3D déstructurée et reconstruit. Les hauts sont longs et étirés avec des épaules et volumes arrondis, les pantalons sont typiquement "Vibskovien", facon sarouel.DR