Décès de Maria Luisa Poumaillou, figure de la mode et dénicheuse de talents

De Nicolas Ghesquière à la blogueuse Garance Doré, les hommages se multipliaient mercredi après l'annonce de la mort de l'acheteuse de mode Maria Luisa Poumaillou. Fondatrice de boutiques multimarques, elle a contribué à faire émerger de nombreux créateurs influents, tels que Martin Magiela et Alexander McQueen.

Maria Luisa Poumaillou, regrettée dénicheuse de talents.
Maria Luisa Poumaillou, regrettée dénicheuse de talents. (http://www.marialuisa.fr)
Figure respectée du milieu de la mode, cette Française d'origine vénézuélienne est décédée lundi après-midi à l'Hôpital Américain de Paris à l'âge de 61 ans, des suites d'une "longue maladie", selon son bureau.

"Sans douleur, sans peine, sans angoisse, elle est partie d'un coup, au paradis des monuments de la mode, mais aussi des monuments de la vie", écrit son mari Daniel Poumaillou dans un communiqué.

Nicolas Ghesquière : "Merci pour ton amour inconditionnel"

"Il n'y a pas de mot pour dire à quel point tu seras regrettée, belle Maria Luisa, écrit Nicolas Ghesquière(en anglais) sur son compte Instagram (ci-dessous). "Je me souviendrai toujours de ton œil aiguisé, de ta joie, de ta générosité. Tu as ouvert la porte à beaucoup d'entre nous. Merci pour ton amitié et ton amour inconditionnel. Tu resteras toujours dans mon cœur."
 

No word to say how much you will be missed beautiful Maria Luisa . I will always remember your sharp eye , your joy , your generosity you opened the door for so many of us .Thank you for your unconditional friendship and love . You will always stay in my heart

Une photo publiée par (@nicolasghesquiereofficial) le

Garance Doré : "Je suis tellement triste"

Sur son compte Instagram (ci-dessous), la blogueuse et photographe Garance Doré dit elle aussi sa tristesse. Et brosse le portrait d'une femme aussi chic qu'humble. "Elle était belle, drôle, intelligente et terriblement talentueuse. Elle était aussi extrêmement humble et extrêmement touchée le jour où j'ai pris cette photo. Je lui ai dit qu'elle était la plus chic du monde. Elle a explosé de rire. Elle me manque beaucoup."
 

I am so sad to hear about Maria Luisa. She was beautiful, fun, smart and wildly talented. She had an eye for beauty and also for bullshit. She was also extremely humble and extremely touched the day I took this picture. I told her she was the chiquest of all. She exploded in laughter. I will miss her very much.

Une photo publiée par Garance Doré (@garancedore) le

De son côté, le président éxécutif de la Fédération française de la Couture, du prêt-à-porter des Couturiers et des Créateurs de mode, Stéphane Wargnier, a salué "le talent exceptionnel" de Maria Luisa Poumaillou. "Elle savait discerner la vraie nouveauté, elle savait l'acheter et elle savait la vendre à une clientèle devenue 'captive' de son goût et de son enthousiasme. Elle est à l'origine de la carrière de très nombreux grands talents de ces trente dernières années", a-t-il souligné.

La boutique culte de la rue Cambon

Fille de réfugiés politiques vénézuéliens, arrivée à Paris à l'âge de 7 ans, Maria Luisa avait ouvert en 1988 sa première boutique éponyme rue Cambon à Paris avec son mari. Passionnée par la jeune création internationale, cette femme élégante aux goûts pointus a misé dès leurs débuts sur des designers comme John Galliano, Alexander McQueen, Martin Margiela, Ann Demeulemeester, mais aussi Rick Owens, Riccardo Tisci, Christopher Kane ou encore J.W. Anderson.

Ses boutiques parisiennes sont rapidement devenues des adresses incontournables du monde de la mode. Aujourd'hui fermées, elles ont cédé la place à une boutique en ligne et à des points de vente au Printemps, où Maria Luisa était depuis 2010 "fashion editor". La société, dirigée par Daniel Poumaillou, est aussi présente en Chine et au Qatar.