Benetton en tête d'affiche de la Milan Fashion Week féminine

Après New York et Londres, c'est au tour de Milan de présenter ses collections féminines pour l'automne-hiver 2019-20, du 20 au 25 février. 60 défilés, 81 présentations, une trentaine d'événements et d'inaugurations sont au programme de cette Fashion Week dont Benetton sera une des têtes d'affiche.

Armani pap ah 2016, à Milan
Armani pap ah 2016, à Milan (TIZIANA FABI / AFP)
Les grandes maisons sont fidèles au rendez-vous de cette semaine de défilés, de Fendi à Prada en passant par Giorgio Armani, Missoni, Antonio Marras, Moschino ou Roberto Cavalli.

Gucci, le champion du secteur, fait un retour attendu en Lombardie après son escapade parisienne la saison dernière et la Vénitienne Bottega Veneta, absente du calendrier de septembre revient pour présenter la première collection de son nouveau directeur artistique, le Britannique transfuge de Céline, Daniel Lee.

Des nouveaux venus, loin d'être novices, sont en lice comme Benetton, l'enseigne transalpine célèbre pour ses couleurs et ses campagnes de pub choc qui présente en ouverture une collection signée Jean-Charles de Castelbajac (aux commandes depuis octobre 2018) tandis que Maison Martin Margiela viendra pour la première fois à Milan présenter la nouvelle collection de sa ligne MM6. Ce sera aussi une première pour le jeune designer italien Marco Rambaldi, de même que pour Marios, griffe féminine lancée par les designers Mayo Loizou et Leszek Chmielewski, ainsi que pour la créatrice portugaise Alexandra Moura.

La marque spécialisée dans l'hiver et la montagne Moncler prône pour sa part l'ouverture. Suite à sa récente présentation en avant-première de ses collections Genius à des invités triés sur le volet, elle s'ouvre au public le 24 février, en accès libre et dans un lieu inédit situé sous les rails de la gare centrale de Milan. Y seront dévoilées les visions des designers Pierpaolo Piccioli & Liya Kebede, Sergio Zambon et Veronica Leoni pour Moncler 1952, Sandro Mandrino pour Moncler Grenoble, Simone Rocha, Craig Green, Matthew Williams de 1017 ALYX 9SM, Richard Quinn, Fragment Hiroshi Fujiwara, Palm Angels Francesco Ragazzi et Poldo Dog Couture.

Oublier des scandales 

Pour certaines enseignes, cette Fashion Week sera l'occasion de faire oublier les scandales et les polémiques survenues ces derniers mois. Comme Dolce & Gabbana, boycotté en Chine après la publication sur les réseaux sociaux de trois vidéos considérées comme racistes et sexistes, et qui aura à coeur de redonner confiance dans ce qui est son message depuis l'origine, l'inclusion.

Idem pour Prada, obligé de retirer de ces vitrines de Noël de petits singes rappelant l'iconographie raciste du "blackface", cette pratique théâtrale américaine du XIXe siècle qui voyait des acteurs blancs se grimer de façon caricaturale et stéréotypée pour incarner une personne noire. Plus récemment, c'est Gucci qui a été accusé de racisme pour la commercialisation d'une cagoule noire issue de sa dernière collection.

La semaine de la mode, un grand moment de marché

En 2018, l'événement avait généré un chiffre d'affaires de 160 millions d'euros, des résultats annoncés par Carlo Capasa, président de la Chambre nationale de la mode italienne. L'activité du secteur devrait connaître un léger ralentissement par rapport aux années précédentes, les experts prévoyant un 1% de croissance en 2019 au lieu des 2,5% de l'exercice 2018. L'export de la mode Made in Italy reste un élément fondamental du développement économique de la péninsule dont le premier client n'est autre que la France, pays avec lequel les tensions politico-diplomatiques se sont accumulées ces derniers mois.