Mesures de soutien à la culture : la CGT Spectacle n'est "pas du tout satisfaite" et dénonce "une aumône, des miettes"

De nouvelles mesures pour l'emploi dans le secteur culturel et l'accès des intermittents aux congés maladie et maternité ont été annoncées jeudi par le gouvernement.

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Illustration salle de spectacle vide.  (SEBASTIEN BOZON / AFP)

"Nous ne sommes pas du tout satisfaits", a réagi jeudi 11 mars sur franceinfo Denis Gravouil, secrétaire général de la CGT Spectacle, alors que le gouvernement a annoncé jeudi de nouvelles mesures pour l'emploi dans le secteur culturel et l'accès des intermittents aux congés maladie et maternité. Vingt millions d'euros supplémentaires seront mobilisés pour trois des secteurs les plus en difficulté, une somme qui vient s'ajouter aux 30 millions d'euros prévus dans le plan de relance pour 2021.

Denis Gravouil dénonce "une aumône, des miettes". Les intermittents réclamaient "un calendrier de réouverture et un plan d'aide à la reprise". Selon le patron de la CGT Spectacle, 20 millions d'euros, cela va permettre "de faire travailler quelques personnes pendant une semaine".

Ajoutés aux 30 millions d'euros tirés du plan de relance, cela représente 50 millions d'euros, soit "exactement le volume de la masse salariale correspondant à ceux qui travaillaient uniquement dans le champ du spectacle occasionnel, c'est-à-dire les comités des fêtes, les mariages et autres, un volume d'activité qui ne correspond même pas à 10% de l'ensemble de l'activité du spectacle". Pour Denis Gravouil, il faudrait "au moins un zéro de plus pour qu'on puisse tous travailler et avoir un niveau d'activité un peu plus proche de celui de 2019".

Appel à "amplifier la mobilisation"

Le secrétaire général de la CGT Spectacle détaille que "sur l'ensemble des mesures d'accompagnement à la reprise, il n'y a quasiment rien. Sur les droits sociaux, il y a une bonne nouvelle" avec "la situation des congés maternité" qui devrait être réglée, mais "on attend le décret". Enfin, sur la question de l'assurance chômage, les intermittents constatent qu'il y a "un refus de d'annuler la réforme de l'assurance chômage".

Pour la prolongation de l'année blanche pour les droits des intermittents, "il faut attendre fin mars la remise d'un rapport", explique Denis Gravouil, "dans un contexte où on va faire des économies sur le dos des chômeurs, des précaires, des intérimaires, de nos collègues des festivals, de ceux qui sont à l'accueil, à la billetterie, qui n'ont pas le régime des intermittents et qui, eux, voient leurs droits baisser considérablement".

"Il faut annuler cette réforme d'assurance chômage et ouvrir des droits pour tous les précaires qui ont été concernés. Nous avons besoin d'un plan de relance pour la culture."

Denis Gravouil

à franceinfo

La CGT Spectacle appelle donc à "amplifier la mobilisation" des intermittents qui occupent plusieurs lieux culturels. "Nous voulons continuer à défendre le fait que tout le monde peut travailler, que tout le monde doit avoir des droits sociaux, et pas seulement les intermittents du spectacle", ajoute Denis Gravouil. Le patron de la CGT Spectacle rappelle que "le Premier ministre assure qu'il prend en compte la culture. Il a même dit, quoi qu'il en coûte". Denis Gravouil se désole en constatant que le chef du gouvernement "n'a pas sorti le carnet de chèque".

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