Une rentrée littéraire "prudente" avec 490 romans, le chiffre le plus bas depuis 20 ans

La rentrée littéraire 2022 s'annonce prudente en nombre de romans publiés, mais riche d'auteurs locomotives et de premiers romans côté français, et marquée par la stabilité côté étranger.

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France Télévisions Rédaction Culture
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L'écrivaine Virginie Despentes devant le restaurant Drouant à Paris, le jour de la remise du Prix Goncourt, le 4 novembre 2019 (DOMINIQUE FAGET / AFP)

Cela n'était pas arrivé depuis 20 ans : le nombre de romans à paraître dans la rentrée littéraire d'automne passe sous la barre des 500, selon le magazine Livres Hebdo. En cause, selon le magazine spécialisé qui a interrogé les éditeurs, la pénurie de papier et les incertitudes liées au rapprochement entre Editis et Hachette, qui inquiète le monde de l'édition

Selon les données Livres Hebdo/Electre Data Services, 490 romans paraîtront entre la mi-août et le mois d'octobre, contre 521 en 2021, soit une baisse de 6 %.

C'est côté français que la baisse se fait le plus sentir, avec 345 titres dont 90 premiers romans (en hausse) mais peu soutenus dans cette rentrée par les gros éditeurs. Livres Hebdo note une plus grande stabilité du côté des romans étrangers, avec 145 traductions prévues pour la rentrée, soit seulement trois de moins qu'en 2021.

Les poids lourds côté français

Virginie Despentes revient avec un roman épistolaire, Cher connard, chez Grasset. Chez Albin Michel, comme chaque année on retrouve Amélie Nothomb. Le cru 2022 a pour titre Le livre des soeurs et il est annoncé avec cette phrase : "Les mots ont le pouvoir qu'on leur donne". Parmi les locomotives, Olivier Adam publie Dessous les roses, un roman sur la famille, la fratrie et la question de la vampirisation de la vie privée des proches par les artistes. Gaëlle Josse aborde elle aussi la thématique de la famille, et de la fratrie, avec La nuit des pères, chez Notabilia. 

Au programme également Chien 51, une dystopie signée Laurent Gaudé, chez Actes Sud et L'inventeur de Miguel Bonnefoy, une biographie romancée d'Augustin Mouchot, découvreur de l'énergie solaire au 19e siècle. De retour également dans cette rentrée française, Yann Quefellec, Bernard Chambaz, Yannick Haenel, Monica Sabolo, Carole Fives, Marie Nimier, Alain Mabanckou, Yves Ravey, Franck Bouysse, ou encore Christophe Ono-dit-Biot. On découvrira aussi dans cette rentrée le second roman de David Lopez après Fief, Prix du Livre Inter 2018. 

Premiers romans et romans étrangers

La rentrée fait une place de choix aux premiers romans (plus 21 % par rapport à 2021) mais ce sont plutôt les maisons d'édition petites et moyennes qui les défendent le plus, note Livres Hebdo. Le magazine professionnel note que la majorité de ces premiers rom ans sont signés par des femmes, une tendance déjà amorcée ces dernières années. 

Quelques poids lourds sont attendus côté étranger, comme Toni Morrison, dont on pourra découvrir une nouvelle inédite publiée chez Bourgois, titrée Récitatif, ou encore Jonathan Franzen avec Crossroads aux éditions de L'Olivier, ou Russell Banks avec Oh, Canada, chez Actes Sud, ou encore Julie Otsuka qui publie chez Gallimard La ligne de nage.

Les éditions Le bruit du Monde nous embarquent au Mexique avec Le rocher blanc, le dernier roman d'Anna Hope (Grande-Bretagne). Au programme de la rentrée côté étranger, on peut noter aussi le retour du Colombien Juan Gabriel Vasquez, de l'Anglais Julian Barnes, Antony Doerr, chez Albin Michel, Sally Rooney ou le Portugais Mia Couto.

L'annonce des chiffres de cette rentrée littéraire "prudente" coïncide avec celle d'une croissance "hors norme" pour l'édition en 2021. Le secteur a a vu son chiffre d'affaires croître de 12,4% par rapport à une année 2020 perturbée par la crise sanitaire, a indiqué jeudi 30 juin le Syndicat national de l'édition.

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