Un roman inédit de Françoise Sagan, "Les quatre coins du coeur", en librairie

Plon publie un roman inédit et inachevé de Françoise Sagan, décédée en 2004. Le livre est tiré à 70 000 exemplaires.

Françoise Sagan en 1987
Françoise Sagan en 1987 (ULF ANDERSEN / AURIMAGES / AFP)

Un roman inédit et inachevé de Françoise Sagan, Les quatre coins du cœur, sort en librairie jeudi 19 septembre, près de quinze ans après la mort de l'auteure de Bonjour tristesse. Publié chez Plon, il n'avait pas été annoncé dans le programme de l'éditeur qui espère profiter de ce "coup" éditorial avec un tirage exceptionnel de 70 000 exemplaires.

Le petit monde de l'édition avait bruissé ces derniers mois de rumeurs autour de la sortie d'un ouvrage inédit d'un auteur décédé. Quelques magazines avaient évoqué pour ce livre-mystère un tirage faramineux (et improbable) de 250.000 exemplaires.

On retrouve dans le roman inachevé signé Françoise Sagan le style distancié et sarcastique qui fait le charme de son oeuvre.

Le fils de Sagan a trouvé le roman presque "par miracle"

Fils d'un riche industriel tourangeau ayant fait fortune dans les légumes, Ludovic Cresson est victime d'un terrible accident de voiture (on pense évidemment à celui qui failli coûter la vie à la romancière en avril 1957). Avant l'accident, son couple battait déjà de l'aile. Marie-Laure, son épouse "sophistiquée et sans culture" dédaigne cet homme diminué. La mère de Marie-Laure, Fanny (dont le mari Quentin est mort dans un accident d'avion) n'est pas insensible au charme de son gendre.

C'est Denis Westhoff, le fils de la romancière, qui signe la préface de l'ouvrage. Il raconte qu'il a découvert le manuscrit de ce roman presque par "miracle" après la mort de sa mère en 2004, alors que tous les biens de la romancière avait été "saisis, vendus, donnés ou acquis de manière douteuse".

Denis Westhoff a retouché le livre

L'ouvrage, en deux volumes "dactylographié, avait été tellement photocopié que le contour des lettres n'était plus tout à fait net", ajoute le fils de la romancière. "Le texte m'avait confondu par son écriture violemment saganesque, son caractère parfois impudent, sa tonalité si baroque et le rocambolesque de certaines péripéties", met en avant Denis Westhoff qui reconnait aussi avoir retouché l'ouvrage.

Le manuscrit était "privé de certains mots, parfois même de passages entiers", se justifie-t-il pour expliquer ses interventions. Denis Westhoff indique avoir apporté "les corrections qui (lui) semblaient nécessaires en prenant soin de ne pas toucher au style, ni au ton du roman".

Le texte s'achève sur le début d'une grande soirée où l'on suppose que les masques pourraient tomber. Mais on ne le saura jamais.