Rentrée littéraire : "Blizzard", premier roman remarqué de Marie Vingtras, sur les terres hostiles de l'Alaska

Marie Vingtras signe un premier roman haletant, déjà repéré dans cette rentrée d'automne.

Article rédigé par
France Télévisions Rédaction Culture
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
La romancière Marie Vingtras, 2021 (Patrice Normand)

Avec son premier roman, Marie Vingtras attire déjà l'attention en figurant dans les sélections de trois prix de la rentrée littéraire : prix Envoyé par La Poste, Prix Talents Cultura, et prix Première Plume du Furet du Nord. Blizzard, publié aux éditions de l'Olivier, paraît le 26 août 2021.

L'histoire : Bess a la mauvaise idée de sortir au mauvais moment de la maison avec le "petit". Ici, dans le Grand Nord de l'Alaska, quand une tempête se prépare, on calfeutre les fenêtres, on rentre le bois pour "tenir quelque "jours", et on se claquemure. Bess ne connaît pas la région comme Benedict, qui l'a emmenée là. C'est quand elle lâche la main du "petit" pour refaire ses lacets qu'elle réalise la catastrophe. Trop tard, le petit a disparu dans le blizzard. Elle part à sa recherche, bientôt suivie par Benedict, avec Cole, un vieil "ami" de la famille…

Vérités

Au fil des heures passées à tâtonner dans le blizzard, dans cette course folle contre la montre pour tenter de retrouver le petit, se dévoile peu à peu la vérité de chacun des personnages. Et c'est paradoxalement dans la tempête, la neige et le brouillard, que le passé des uns et des autres fait surface.

Comment Benedict s'est-il retrouvé à accueillir cet enfant de dix ans qui n'est pas le sien ? Qui est Bess, quelles souffrances cache-t-elle ? Connait-on vraiment Cole, ce vieil ami de la famille depuis deux générations, qui noie ses démons dans l'alcool ? Et le vieux Freeman, vétéran du Vietnam, qu'est-il venu chercher dans ce bout du monde battu par des vents glacés ?

Polyphonie

Rythmé comme un thriller, Blizzard creuse avec sensibilité l'histoire intime de ses personnages, leurs secrets, leurs douleurs. Dans une construction chorale, la romancière alterne en chapitres courts les voix intérieures des différents protagonistes, décrivant la violence des sentiments qui les traversent, à la hauteur des éléments qui se déchaînent.

L'écriture, fluide, orale, "à l'américaine", colle parfaitement à l'esprit et à l'atmosphère de ces grands espaces, cette terre rude où dans des communautés humaines à l'écart de tout, se cristallisent en profondeur les drames tus du passé.

Avec ce huis-clos des grands espaces, Marie Vingtras fait une première rentrée littéraire remarquée, et remarquable.

Couverture de "Blizzard", premier roman de Marie Vingtras, août 2021 (EDITIONS DE L'OLIVIER)

"Blizzard", de Marie Vingtras, (Editions de l'Olivier, 181 pages, 17 €)

Extrait :

"Rétrospectivement, je crois que j'ai senti que quelque chose ne tournait pas rond. C'est un peu comme lorsque vous avez la sensation qu'un insecte vous chatouille l'oreille. Vous faites un geste pour vous en débarrasser, mais en réalité c'est une alarme, votre alarme interne, réglée au strict minimum. Pas assez forte pour vous faire bondir, mais juste assez pour vous empêcher de dormir tranquillement. Je dormais justement, et je me suis réveillé en sursaut. Etait-ce un pressentiment ou bien le courant d'air froid qui venait d'en bas ? Je ne sais pas. J'étais tellement fatigué d'avoir passé les derniers jours dans l'excitation, à relever les pièges, à range le matériel et à nous préparer avant que n'arrive le mauvais temps". ("Blizzard", page 11)

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