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Mort de Mary Higgins Clark : "Elle avait vraiment une tendresse pour la France", se rappelle son éditeur français

Mary Higgins Clark est décédée vendredi soir à l'âge de 92 ans.

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Radio France
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 Mary Higgins Clark à la bibliothèque East Hampton à New York, le 13 août 2016 (Illustration). (EUGENE GOLOGURSKY / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)

"Si l'on compare au nombre d'habitants, elle a vendu beaucoup plus de livres en France qu'elle n'en vendait aux États-Unis. C'est pour cela qu'elle avait vraiment une tendresse pour la France", se rappelle ce samedi sur franceinfo Francis Esmenard, président du directoire d’Albin Michel, l'éditeur de Mary Higgins Clark. Il réagissait à la mort dans la soirée du vendredi 31 janvier de la "reine du suspense" à 92 ans. Elle a écrit une cinquantaine de livres écoulés à quelque cent millions d'exemplaires, depuis son premier grand succès en 1975, La maison du guet.

franceinfo : Comment l'avez-vous découverte ? Comment est-elle arrivée dans votre "écurie" ?

Francis Esmenard : En 1979, quelqu'un m'a apporté le livre La nuit du renard, que j'ai lu en anglais. J'avais été extrêmement chaud sur ce livre, que je trouvais merveilleux de simplicité, de réalité et de suspens. Ça me paraissait très original. C'était l'époque où le policier était moins violent qu'aujourd'hui et beaucoup plus psychologique.

Vous aviez tout de suite senti l'auteure à succès chez elle ?

Ah oui, et puis c'est ce que j'aime dans le métier d'édition : lire un livre, s'emballer, prendre des risques et le lancer avec une vraie volonté. C'est à ce moment-là que j'ai lancé la collection "Spécial suspens", dont elle était la numéro 1, avec une idée nouvelle : au lieu de mettre une couverture tout en couleur, comme tout le monde faisait déjà à l'époque, on avait mis un couvre-livre blanc sur lequel j'expliquais pourquoi c'était le numéro 1 de cette collection et combien ce livre m'avait séduit.

Quels étaient ses secrets pour réussir un bon suspens ?

C'était varié. Le suspens a plusieurs formes : il y a des suspens brutaux, sanglants et puis il y a des suspens plus psychologiques - ce qui est le cas de Mary Higgins Clark - et plus doux, qui attachent beaucoup d'importance aux femmes, aux enfants. Elle s'inspirait beaucoup des faits divers. Elle suit l'actualité, mais avec un décalage. C'est pour cela qu'elle adorait mettre une chanson connue comme titre, ce qui était parfois pour nous un casse-tête pour trouver des équivalents en Français. Je pense notamment à Ne pleure pas ma belle, Nous n'irons plus au bois, Un jour tu verras... On a toujours cherché des correspondances qui montrent bien cette volonté de coller à un côté populaire.

Son dernier livre s'appelle En secret. Quelle femme était-elle ? Est-ce qu'elle était secrète ? 

Elle n'était pas secrète, mais un peu mystérieuse peut-être. Elle n'aimait pas parler de la façon dont elle écrivait, dont elle réalisait ses livres. C'était quelqu'un d'une gentillesse extrêmement simple, qui d'ailleurs avait conquis les Français. Elle a vendu des millions d'exemplaires, et c'est en France que son grand succès a commencé. Si l'on compare au nombre d'habitants, elle a vendu beaucoup plus de livres en France qu'elle n'en vendait aux États-Unis. C'est pour cela qu'elle avait vraiment une tendresse pour la France. Elle faisait toujours la conquête des Français, tout en ne parlant un mot de notre langue ! On lui a plusieurs fois fait faire le tour de France, pour signer des livres dans les librairies. C'était incroyable de voir le plaisir qu'avaient les gens de la rencontrer, même s'ils avaient du mal à communiquer.

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