"La vie d'Andrés Mora" de Claudine Desmarteau : les tribulations d'un écrivain en perte de vitesse, fan de Romain Gary

Le deuxième roman de Claudine Desmarteau raconte les aventures rocambolesques d'un écrivain en quête de succès, dans les pas de Roman Gary.

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France Télévisions Rédaction Culture
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Portrait de l'écrivaine Claudine Desmarteau, août 2021 (Francesca Mantovani / Gallimard)

Connue pour ses livres jeunesse, Claudine Desmarteau signe un second roman de littérature adulte, La vie d'Andrés Mora, publié le 26 août aux éditions Gallimard, dans collection Sygne. Elle y croque les vicissitudes d'un romancier lâché par son éditeur, qui s'inspire de Romain Gary pour relancer sa carrière littéraire.  

L'histoire : Benoît Cardan est écrivain, marié et père d'une fille tout juste majeure. Tout roule à peu près pour lui jusqu'au jour où son éditeur et ami lui annonce qu'il ne publiera pas son prochain roman. Au même moment, Benoît Cardan sent sa famille s'étioler. Il doit aussi trouver une solution pour son père en perte d'autonomie. Pour finir, cerise sur le gâteau, il est confronté à une invasion de punaises de lit dans son appartement.

Mortifié par le lâchage de son éditeur, Benoît Cardan est bien décidé à ne pas se laisser abattre. Pour conquérir un nouvel éditeur, il s'invente, comme son écrivain favori Romain Gary avec Emile Ajar, un double de plume, qu'il baptise Andrés Mora. Sous ce pseudo, il propose un plan marketing de haut vol à son futur éditeur.

Dans sa nouvelle peau, Benoît Cardan ose tout, s'offrant une renaissance non seulement littéraire mais aussi amoureuse et sexuelle. Sa manœuvre lui rend ses lecteurs et lui apporte le succès, mais le scénario qu'il a imaginé finit par se refermer sur lui comme un piège… 

Dans la peau d'un homme

Avec humour, registre dans lequel elle excelle, Claudine Desmarteau compose un roman loufoque qui interroge sur l'amitié, le couple, la fidélité, la famille, et sur le désir et les risques à prendre pour rester vivant l'âge avançant. La romancière se glisse avec agilité dans la peau d'un homme, dans ses questionnements, ses déceptions, ses petites lâchetés, mais aussi son appétit de vie, derrière lequel chante, en basse continue, un fond de désespoir.  

L'auteure du Petit Gus en profite au passage pour tacler gentiment le monde de l'édition, et plus largement pour poser son regard affûté sur la société, narcissique et obnubilée par l'image, abreuvée à Google, aux séries et aux réseaux sociaux, et focalisée avant tout sur les chiffres, les bénéfices, le résultat.

Bien rythmé, construit en trois parties et déployé dans une gouaille vive et inventive avec des dialogues particulièrement savoureux, ce deuxième roman réjouissant de Claudine Desmarteau est un bel hommage au génie de Romain Gary.

Couverture du "La vie d'Andrés Mora", de Claudine Desmarteau, août 2021 (GALLIMARD)

"La vie d'Andrés Mora", de Claudine Desmarteau (Sygne, Gallimard)

Extrait :

"- Les Éditions de l'Arbre sec, bonjour.
- Bonjour, pourrais-je parler à François Gibert ?
- Il est en réunion. Qui le demande ?
- Michel Houellebecq.
- Ne quittez pas."
("La vie d'Andrés Mora", page 109)

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