La rentrée littéraire d'hiver 2019 : du beau monde autour de Michel Houellebecq

493 romans sont attendus pour la traditionnelle rentrée de l'hiver, selon Livres Hebdo / Electre Data Services. Une rentrée stable, par rapport à 2018, avec autant de romans étrangers que l'an dernier.

Le romancier Michel Houellebecq, avril 2015
Le romancier Michel Houellebecq, avril 2015 (EFE/SIPA)
Avec 77 premiers romans, cette rentrée d'hiver fait la part belle, comme celle de l'automne, aux primo-romanciers, en progression de 20% par rapport à l'an dernier. Si le cru hivernal est aussi savoureux que celui de l'automne, il y a de quoi se réjouir.

Houellebecq : le poids lourd de la rentrée d'hiver

Un énorme poids lourd est attendu le 4 janvier : le nouveau Houellebecq autour duquel plane le plus complet mystère, même si l'éditeur a lâché la semaine dernière son titre, "Sérotonine", on ne connaît guère que le nombre de pages : 352. Michel Houellebecq n'a rien publié depuis son roman "Soumission" (Flammarion, 2015), vendu à 800.000 exemplaires, qui avait fait polémique lors de sa sortie en 2015, marquée par l'attentat de Charlie Hebdo.

Le romancier y imaginait une France plongée dans le chaos, dirigée par un président musulman modére. Ce nouveau roman du Goncourt 2010 ("La carte et le territoire"), commence sa carrière avec un premier tirage de 320.000 exemplaires.

Foenkinos, Ovaldé, Rambaud, Ben Jelloun, Besson

Autres mastodontes attendus en janvier ou février (le magazine Livres Hebdo note que les éditeurs ont gradué la sortie de leurs poids lourds) : David Foenkinos avec "Deux sœurs" (Gallimard), sortira en février. Chez le même éditeur, c'est Tahar Ben Jelloun qui ouvrira le bal avec "L'insomnie".

Après "La grâce des brigands" (L'Olivier) en 2013, et  "Soyez imprudents les enfants" (Flammarion), en 2016, Véronique Ovaldé publie son 10e roman, "Personne n'a peur des gens qui sourient" (Flammarion), à paraître en février également.

Patrick Rambaud s'attaque à l'histoire de Macron avec "Emmanuel le magnifique : chronique d'un règne" (Grasset). Philippe Besson, après avoir fait lui aussi d'Emmanuel Macron '"Un personnage de roman" (Julliard, 2017) publie cette fois "Un certain Paul Darrigrand" (Julliard), un roman autofictionnel. 

Minard, Volodine, Choplin, Rahimi, Coop-Phane

Céline Minard, prix du livre Inter en 2013 pour "Faillir être flingué" (Rivages) et auteure de "Le grand jeu" (2016), publie "Bacchantes", l'étonnante histoire d'un braquage de cave à vins précieux hyper sécurisée dans des bunkers de Hong-Kong.

Parmi les livres très attendus de cette rentrée, le roman d'Antoine Volodine, "Frères sorcières", au Seuil, "Partiellement nuageux" (La Fosse aux ours), d'Antoine Choplin, Prix France télévision 2012 pour "La Nuit tombée" (La Fosse aux ours), "Le diable emporte le fils rebelle", de Gilles Leroy (Mercure de France), ou encore "Felix et la source invisible", d'Eric-Emmanuel Schmitt (Albin Michel), "Les porteurs d'eau" (P.O.L.), d'Atiq Rahimi, le prix Goncourt 2008 ("Syngué Sabour", P.O.L.)

"Le procès du cochon", 5e roman d'Oscar Coop-Phane (Grasset), l'auteur de "Demain Berlin" (Finitude, 2013) et Prix de Flore 2012 pour "Zénith Hotel" (Finitude) paraîtra en janvier.

Parmi les confirmés à noter également les romans de Yann Moix, Jean Rouaud, Simon Liberati (Grasset) Charif Majdalani, (Seuil), Jean-Marie Blas de Robles (Zulma), ou Eric Chevillard (Minuit).

Elena Ferrante, David Vann, Erri de Luca, des poids lourds aussi du côté des romans étrangers

Très attendue aussi la traduction de "Frantumaglia" (Gallimard), recueil de textes de la mystérieuse auteure de "L'amie prodigieuse", Elena Ferrante. Des échanges épistolaires avec son éditeur, des entretiens, des correspondances, composent une autobiographie : sans révéler son identité, ils invitent le lecteur à entrer dans les secrets de sa création.  

Le 7e roman de l'Américain David Vann, "Un poisson sur la lune" (Gallmeister) est aussi en haut de la pile des romans étrangers attendus de cette rentrée de janvier. Le romancier italien Erri de Luca publie également en janvier "Le tour de l'oie" (Gallimard), un dialogue de l'auteur avec le fils qu'il n'a pas eu. Un roman annoncé par l'éditeur comme "le plus intime" de cet auteur engagé, sur la transmission.

Jesmyn Ward, l'auteure de "Bois sauvage", (National Book Award 2011), revient avec "Le chant des revenants" (Belfond), roman avec lequel, chose très rare, elle a obtenu un second National Book Award en 2017.

Riche rentrée donc, dont nous vous parlerons plus en détails début janvier ici.