L'Algérien Abdelouahab Aissaoui reçoit le Prix international de la fiction arabe pour "La Cour de Sparte", récit polyphonique dans l'Alger coloniale

Le Prix international de la fiction arabe a été décerné à l'Algérien Abdelouahab Aissaoui pour son roman qui raconte cinq personnages à Alger entre 1815 et 1833

La couverture de \"La Cour de Sparte\" de Abdelouahab Aissaoui, Prix international de la fiction arabe (IPAF) 2020
La couverture de "La Cour de Sparte" de Abdelouahab Aissaoui, Prix international de la fiction arabe (IPAF) 2020 (EDITIONS DAR MIM)

Le jeune écrivain algérien Abdelouahab Aissaoui a remporté mardi à Abou Dhabi le Prix international de la fiction arabe (IPAF) pour son roman The Spartan Court, une fresque sur la colonisation française de l'Algérie au début du 19e siècle.

The Spartan Court (La Cour de Sparte) d'Abdelouahab Aissaoui, publié en arabe en 2018 par les éditions algériennes Dar Mim, est le lauréat du 13e Prix international de la fiction arabe (IPAF), ont indiqué les organisateurs sur leur site internet. La cérémonie a dû être annulée en raison des restrictions liées à la pandémie du nouveau coronavirus.

Premier roman algérien primé

Soutenu par la Fondation britannique Booker Prize et financé par l'émirat d'Abou Dhabi, le prestigieux prix littéraire est remis tous les ans à des auteurs contemporains de langue arabe dans le but de promouvoir les écrivains de la région sur la scène littéraire internationale. Sa remise s'accompagne d'une récompense de 50 000 dollars (plus de 45 000 euros) et le financement de la traduction en anglais du roman. C'est la première fois qu'un romancier algérien remporte ce prix. The Spartan Court n'a pas été traduit en français.

The Spartan Court dépeint la vie de cinq personnages entre 1815 et 1833 à Alger. Dupond, un journaliste français qui couvre la campagne coloniale, Caviard, un ancien soldat de l'armée de Napoléon, prisonnier dans la ville, et trois Algériens qui ont des attitudes différentes face aux Ottomans et aux Français. Ibn Mayyar pense que la politique permet d'établir une relation avec les Ottomans et les Français, tandis que pour Hamma al-Sallaoui, seule la révolution permettra le changement. Douja, elle, est un témoin impuissant de la transformation d'Alger.

Un récit polyphonique dans l'Alger coloniale

"The Spartan Court se distingue par son style brillant. C'est un récit polyphonique (…). Il invite le lecteur à mieux comprendre la vie sous occupation et les différentes formes de résistance qui s'y opposent", a déclaré l'écrivain et critique Muhsin al-Musawi, président du jury de cette édition. "Avec sa structure narrative profonde et historique, le roman ne vit pas dans le passé, mais il invite plutôt le lecteur à remettre en question la réalité actuelle", a-t-il ajouté, selon le site de l'IPAF.

"En général, les romans historiques ne reconstruisent pas une histoire pour l'histoire elle-même. Leur objet principal est de poser des questions auxquelles nous sommes confrontés aujourd'hui et qu'on s'est posées dans le contexte où elles sont apparues la première fois", a déclaré l'auteur dans une interview à l'IPAF.

Né en 1985 à Djelfa (nord de l'Algérie), Abdelouahab Aissaoui a reçu plusieurs récompenses dans son pays et dans le monde arabe pour ses précédents romans. Il travaille comme électronicien.