"Acheter de la vodka, c'est comme acheter du pain" : l'accès à l'alcool trop facile pour les mineurs selon "60 millions de consommateurs"

Les résultats d'une enquête menée par le magazine sont publiés aujourd'hui, et ils témoignent de la passivité des vendeurs. 

Bière et vodka sont les alcools les plus convoités par les mineurs. 
Bière et vodka sont les alcools les plus convoités par les mineurs.  (FRANCOIS DESTOC / MAXPPP)

Les mineurs peuvent-ils facilement, malgré l'interdiction légale, acheter de l'alcool ? Une vingtaine d'adolescents âgés de 14 à 16 ans a été énvoyée dans plusieurs supermarchés pour faire le test. Le magazine 60 millions de consommateurs publie jeudi 27 juin les résultats de cette enquête, sur la vente et l'accès de l'alcool aux mineurs, réalisée dans 111 grandes surfaces. 

"J’ai acheté de la vodka et je suis passé sans problème à la caisse, on ne m’a posé aucune question. C’est comme si j'avais acheté du pain", témoigne Jules, 15 ans, qui a fait l'expérience dans quatre grandes surfaces. Ce jeune Breton ne s'est vu refuser son achat que dans l'une d'entre elles. "A chaque fois, j’ai pris les bières les plus fortes pour essayer d’interpeller le vendeur. Et étonnamment, il m'a directement donné le prix, sans même avoir de petits soupçons !"

Le témoignage de Jules
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Selon les résultats de cette enquête publiée par 60 millions de consommateurs, les adolescents n’ont rencontré aucune difficulté à se procurer de l’alcool dans 59% des cas (c'est-à-dire dans 66 visites sur 111). Cela représente 22 bouteilles de vodka et 222 canettes de bière. 

Le magazine édité par l’Institut national de la consommation (INC) estime ainsi que la loi française qui interdit la vente d’alcool aux mineurs n’est pas respectée. Or, quiconque vend de l'alcool à une personne mineure s'expose à une amende de 7 500 euros. Et en cas de récidive dans les cinq ans, le montant de la contravention est doublé.

"Un vrai laxisme"

Benjamin Douriez, rédacteur en chef adjoint de 60 millions de consommateurs, a quant à lui réagi ce jeudi 27 juin sur franceinfo. "Il y a effectivement un vrai laxisme dans les grandes surfaces. Cette interdiction de vente aux mineurs n'est pas appliquée dans les magasins, explique-t-il. Il n’y a aucune enseigne dont on peut dire qu’elle respecte un peu plus cette interdiction de vente. On a essayé de faire un classement par type de magasins et on a observé un peu plus de refus dans les enseignes hard-discount. Mais les différences ne sont pas extrêmement marquées."

Le rédacteur en chef adjoint de 60 millions de consommateurs estime également que les directions des supermarchés doivent faire plus et aider les caissiers et caissières, pour qu'ils ne se retrouvent pas démunis. "Il ne faut pas laisser ce personnel de caisse seul face à ce problème-là. Dans les supermarchés, la direction ne met pas en place les efforts suffisants pour faire respecter cette règle d’interdiction. Nous demandons un renforcement des contrôles de la part des pouvoirs publics. C’est un problème de santé publique, il faut s’en saisir."