Corto Maltese "Sous le soleil de minuit"

Aux éditions Casterman avec France Info !

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  1. Tout juste arrive à Panama aux cotes de Raspoutine, après ses aventures dans le Pacifique et en Amérique du Sud, Corto Maltese est déjà sur le départ ! Cap sur San Francisco et son Exposition internationale, ou il espère retrouver un ami de longue date, l’écrivain Jack London.

    Las ! L’auteur mélancolique de L’Appel de la forêt a déjà mis les voiles pour Mexico, afin de couvrir la révolution de Pancho Villa. Il a néanmoins laissé derrière lui un dernier message, priant Corto de remettre une lettre à une certaine Waka Yamada, ancienne star de saloon à Dawson City, durant la ruée vers l’or, reconvertie en militante contre la traite des blanches en Alaska. Voilà l’aventurier en route pour un long périple dans les étendues glacées et sauvages du Grand Nord, un voyage semé de périls et de menaces sans nom. Car sous le soleil de minuit rodent bien d’autres prédateurs que les loups et les ours…

    Accompagné par Matthew Henson, l’un des deux premiers hommes à avoir atteint le pôle Nord, mais dont l’Histoire oublia le nom en raison de sa peau noire, Corto Maltese devra ainsi survivre au froid et aux catastrophes naturelles. Mais il lui faudra surtout affronter un syndicat de proxénètes japonais, un chef de tribu inuit obsédé par Robespierre et la guillotine, une poignée de patriotes irlandais, ainsi qu’un mystérieux scientifique aux motivations trop floues pour être honnêtes. Autant d’ennemis mortels pour ce ≪ sacré romantique ≫, qui garde pour lui son flegme et son ironie face à la folie des hommes.

    S’ouvrant sur un poème de Robert W. Service et une scène de rêve, Sous le soleil de minuit offre à lire une aventure rythmée et haletante, sur fond de Première Guerre mondiale, dont le conflit trouve des échos jusque sous le cercle arctique, mais aussi de luttes coloniales féroces et de course à l’énergie. En couleurs ou en noir et blanc, l’album rend ainsi vie de façon magistrale au mythe Corto, dans un souci de fidélité à son créateur, Hugo Pratt, mais aussi d’audace et de modernité.

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Entretien avec les auteurs

Comment est né ce projet de reprise de Corto Maltese ?

Juan Díaz Canales : C’est assez simple : Patricia Zanotti, directrice de Cong S. A., la société détentrice des droits d’Hugo Pratt, me l’a proposé. On se connaissait depuis longtemps puisqu’elle était l’éditrice de Blacksad en Italie.

Un jour, elle m’a demandé : pourquoi ne pas reprendre ce personnage ? Je n’ai pas hésité pour accepter ! Et quand on m’a demandé avec qui je souhaitais travailler, j’ai proposé le nom de Ruben parce qu’il était pour moi le choix idéal. D’une certaine façon, c’est un héritier, non pas de Pratt en tant que tel, mais de sa façon de faire de la bande dessinée, de comprendre l’aventure. Et il est aussi dans le même registre graphique. En plus, on est des amis, on se connait et on voulait faire quelque chose ensemble, alors je lui ai dit : pourquoi ne pas m’accompagner dans cette aventure ?

Qu’est-ce qui fait de Corto Maltese un personnage si extraordinaire ?

Juan Díaz Canales : Pour moi, c’est un personnage encore d’actualité, un personnage presque nécessaire. Il incarne une forme d’idéalisme. A un moment critique, ou les civilisations s’opposent face à face et se remettent en question, on trouve des œuvres comme Corto Maltese. Attention, Corto n’est pas un missionnaire, et il ne rechigne pas à la bagarre quand c’est nécessaire. Il peut être individualiste, mais s’inquiète néanmoins du sort réservé aux minorités, des problèmes de son temps, et ne cède jamais aux sirènes du pouvoir et des puissants.

Rubén Pellejero : Il développe une attitude exemplaire face à la vie, celle d’un sage, d’un philosophe, qui se double d’une présence très charismatique. C’est en réalité un personnage très moderne, et sacrément sexy ! Mais ça, c’est dû aussi au dessin magnifique de Pratt…

Est-ce que qu’un lecteur qui n’a jamais lu Corto Maltese peut commencer par votre album pour le découvrir ?

Juan Díaz Canales : J’espère bien ! Et j’espère surtout que cet album mènera de nombreux lecteurs vers Pratt. Car si Corto Maltese est devenu une icône, trop peu de gens l’ont vraiment lu. Si notre travail sert à quelque chose, c’est à mieux faire connaitre cette série fondamentale, l’une des plus importantes de la littérature de voyage avec Conrad ou Stevenson.

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Corto Maltese en quelques dates

1887 : Naissance à La Valette, sur l’île de Malte, d’une mère gitane de Séville et d’un père marin britannique.

1899 : Début de son éducation auprès d’un précepteur juif, Ezra Toledano, qui l’initie au Talmud et à la Torah.

1904 : Embarqué comme marin, il arrive en Mandchourie en pleine guerre russo-japonaise, et fait la connaissance de l’écrivain Jack London et du déserteur Raspoutine.

1907-1912 : Voyages à travers le monde, en Italie, au Mexique, en Tunisie puis dans le Pacifique.

1913 : Devenu pirate, Corto est abandonné par ses marins suite à une mutinerie et crucifié sur un radeau, avant d’être recueilli par Raspoutine et la belle Pandora.

1914-1918 : Durant la Première Guerre mondiale, Corto Maltese sillonne l’Europe, préférant l’idée de la liberté à celle de la patrie, prenant fait et cause notamment pour les révolutionnaires irlandais.

1919-1923 : Voyages en Sibérie et en Asie centrale à la recherche de trésors perdus, dans un monde ébranlé par la chute des empires et l’émergence des mouvements communistes.

1924-1927 : Rêveries ésotériques, auprès d’un alchimiste helvétique puis à la recherche de Mū, le mythique continent de l’Atlantide.

1928 - ? : Passe par l’Ethiopie chère à Rimbaud, Corto s’engage dans la guerre civile espagnole, ou on perd sa trace. A-t-il péri dans les combats ? Ou s’est-il retire auprès des siens, comme semblerait l’attester une lettre de Pandora ? Mystère…

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