"Tout à coup, deux cinglés de cinéma se disaient bonjour" : Claude Lelouch raconte sa rencontre avec Johnny

Invité sur franceinfo, Claude Lelouch raconte sa première rencontre avec Johnny Hallyday, lors du tournage d'un scopitone. Le réalisateur a alors 23 ans, le chanteur 16.

Johnny Hallyday et Claude Lelouch, le 24 avril 2017.
Johnny Hallyday et Claude Lelouch, le 24 avril 2017. (ROBYN BECK / AFP)
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La première fois que Claude Lelouch rencontre Johnny, le chanteur a 16 ans et le réalisateur 23 ans. "On me propose un jour de faire "L'idole des jeunes" qui a été son premier scopitone", se souvient le réalisateur. Le jour de leur rencontre, Johnny arrive avec trois heures de retard. "Il était devenu une star en l'espace de six mois, sourit Claude Lelouch. C'était un véritable raz-de-marée, il avait remplacé Gilbert Bécaud à l'Olympia. Tout le monde a cru que c'était un phénomène de mode."

"J'ai senti que ce bonjour allait durer longtemps"

Après avoir tourné le scopitone, Claude Lelouch se rend compte que Johnny a une véritable passion pour le cinéma. "Il passait son temps à regarder des films, il était complètement imbibé des films américains et j'ai senti que son amour du cinéma le rapprochait de moi", raconte le réalisateur. "Tout à coup, deux cinglés de cinéma se disaient bonjour et j'ai senti que ce bonjour allait durer très longtemps."

En 1972, Claude Lelouch demande à Johnny de participer à L'Aventure c'est l'aventure. "Quand on faisait ce film, qui était un hommage à la connerie, je suis allé voir Jojo et je lui ai dit que j'avais trouvé un moyen de relancer sa carrière, explique-t-il. Tu finances toi-même ton kidnapping et tu vas voir que les médias vont relancer ta carrière. Ça l'a amusé, il a toujours eu le sens de la dérision. Donc, il a accepté de jouer ça." Sur le plateau, il était "bouleversé devant Brel et Lino", raconte ce jeudi le réalisateur Claude Lelouch sur franceinfo. C'était un "acteur spontané. C'est à mi-chemin entre la vérité et le mensonge. C'est un parfum de vérité extraordinaire qui fait que quand on est spontané on a le droit de dire n'importe quoi. Jojo là-dessus excelle."

"Je crois qu'il aimerait qu'on fasse la fête !"

Faut-il rendre un hommage national à Johnny ? "Un hommage populaire serait le bienvenu", a répondu ce jeudi sur franceinfo Claude Lelouch, réalisateur de Chacun sa vie, avec Johnny Hallyday. Et il va plus loin : "Il faudrait que ce soit une fête et non pas que les gens viennent pleurnicher, estime-t-il. Il y a une grande différence entre les gens qui pleurent et ceux qui pleurnichent, entre ceux qui rient et ceux qui ricanent. Là, il faudrait qu'on fasse une belle fête pour lui rendre hommage et lui dire merci." Johnny aurait-il aimé un hommage national ? "Je crois qu'il aimerait qu'on fasse la fête. C'était un gros déconneur. C'était quelqu'un qui ne ratait jamais une occasion de prendre des raccourcis, de s'amuser", raconte Claude Lelouch.

Le réalisateur se souvient aussi d'un "grand timide", d'une "montagne de timidité". "C'est vrai qu'au moment où il montait sur scène, d'un seul coup tout se déclenchait et sa timidité disparaissait. Donc, je pense que si on faisait une fête musicale autour de cette cérémonie ça serait son dernier concert. J'aimerais que ça ressemble à un dernier concert de Johnny Hallyday et ça serait formidable." Des nombreux hommages ont été rendus à Johnny. "Je n'ai jamais vu un déferlement pareil des médias. Je pense que même le général de Gaulle n'a pas eu droit à ça. C'est l'unanimité."