Il n'y a pas que le beaujolais... comment choisir un bon vin

A chaque invitation, c'est la même question : quel vin amener ? A l'occasion de l'arrivée du beaujolais nouveau, francetv info vous donne quelques conseils qui vous aideront à faire bonne figure.

Comme chaque année, le beaujolais nouveau pourra être dégusté à partir du troisième jeudi de novembre, soit le 21 novembre 2013, à partir de minuit.
Comme chaque année, le beaujolais nouveau pourra être dégusté à partir du troisième jeudi de novembre, soit le 21 novembre 2013, à partir de minuit. (GETTY IMAGES/FOTOSEARCH RF)

Comme le veut la tradition, le troisième jeudi de novembre à minuit, amoureux du vin et néophytes lèvent leur verre de beaujolais nouveau. Pas forcément le meilleur vin, d'ailleurs... Francetv info a demandé à Emmanuel Delmas, sommelier, formateur à la dégustation, et auteur de Vins : leçons de dégustation, quelques conseils pour faire le bon choix en toutes circonstances.

Pour une dégustation personnelle

Vous n'y connaissez rien, mais vous cherchez à vous faire plaisir et à découvrir un bon vin ? Pour cela, Emmanuel Delmas recommande d'abord "d'aller voir un vrai caviste, indépendant, qui crée du lien avec les vignerons, et de se laisser guider".

"Préférez les appellations peu connues, celles auxquelles on ne pense pas forcément", insiste le passionné, comme les vins d'Alsace ou ceux du Languedoc-Roussillon. Vous pouvez aussi choisir un coteaux-d'ancenis, un muscadet-coteaux-de-la-loire, ou encore un petit bourgogne, comme le mâcon. "Pour 8 ou 10 euros, il est possible de se faire réellement plaisir avec de bons vins."

Pour satisfaire le plus grand nombre

Deux cas de figure. Si vous recevez tonton et belle-maman, mieux vaut s'en tenir aux classiques. Emmanuel Delmas vous conseille de choisir des vins "consensuelsaux étiquettes rassurantes comme un bordeaux, un médoc ou un petit vin de Bourgogne".  

En revanche, si vous recevez des amis, c'est l'occasion de vous amuser. "Organisez une dégustation à l'aveugle", suggère le sommelier. Si vous avez un budget situé entre 8 et 10 euros, essayez le chignin-bergeron, un vin blanc de Savoie, ou le rosé des Riceys, ou encore la mondeuse de Savoie, un vin rouge original.

Pour des vins à plus petit prix, vous pouvez vous diriger vers un bourgogne aligoté ou un vin de Loire, comme le saumur-champigny ou le muscadet. Le saint-pourçain, rouge, blanc ou rosé, est aussi un très bon choix. Souple et élégant, il surprend.

Pour offrir une bouteille à un connaisseur

Vous dînez chez votre patron, grand amateur de vin ? Profitez-en pour vous faire remarquer. Concentrez-vous sur des valeurs sûres comme le saint-joseph ou le cornas. "En bordeaux, vous ferez plaisir avec un saint-émilion château Mangot par exemple, un domaine pointilleux [compter 20/25 euros], un pomerol château Gombaude-Guillot, lui aussi engagé et pointu [35 euros], ou un médoc tel que le château Cornélie ou le Saint-Saturnin, domaines sincères et révélant des vins à belle personnalité et à prix doux [15 euros]" propose Emmanuel Delmas. Un cru bourgeois de Margaux constitue aussi une valeur sûre, "un vin de belle facture au prix très cohérent, qui vaut sa qualité". Si vous préférez un bourgogne, vous pouvez offrir un nuits-saint-georges, un saint-aubin blanc, un gevrey-chambertin ou un meursault. Comptez entre 20 et 35 euros.

Mais le spécialiste rappelle que pour réellement faire plaisir, "rien ne vaut un vrai travail de recherche personnalisé. N'allez pas forcément vers le vigneron le plus connu, choisissez celui qui, localement, fait figure de valeur montante". A Meursault, allez voir Sébastien Magnien ou Rémi Jobard ; à Gevrey-Chambertin, Jérôme Galeyrand ou Alexandrine Roy, par exemple. 

Pour impressionner lors d'un dîner en amoureux

Amenez une bonne bouteille de champagne. Mais "évitez les grandes marques produites de façon industrielle. Au-delà de 40 euros, elles sont chères au regard de la qualité", remarque Emmanuel Delmas.

Allez plutôt à la découverte des produits de "l'autre Champagne", "celle des vignes propres conduites par un vigneron, amoureux, passionné et responsable. Un jardinier en somme.Vous y découvrirez des vins minéraux, fins, aériens et savoureux. Décrochez votre téléphone, prenez rendez-vous avec un de ces vignerons, allez à leur rencontre et vous en reviendrez séduit". Comptez entre 25 et 40 euros.

Pour un bon vin quelque soit votre budget

Si vous n'avez pas un gros budget, n'optez pas pour des appellations connues. Préférez des vins de pays ou des vins plus confidentiels, entre 8 et 12 euros. Emmanuel Delmas vous suggère de "choisir par exemple un saint-pourçain rouge. Si vous voulez un bon blanc, tournez-vous vers un gaillac ou une roussette de Savoie. Pour les amateurs de rosé, optez pour un coteaux-varois ou un coteaux-d'aix, révélant aussi de beaux vins blancs et rouges à prix encore doux".

En revanche, si vous pouvez vous le permettre, n'hésitez pas à vous offrir un grand cru. "Que ce soit un bougogne ou un bordeaux, restez dans les crus classés." Pour un vin de la Vallée du Rhône, "vous ne prendrez aucun risque avec un châteauneuf-du-pape ou un condrieu". Entre 25 et 45 euros.

Pour fêter une naissance

Vous pouvez, à l'occasion d'une naissance, offrir un grand vin, cadeau original et symbolique, à mettre de côté jusqu'à la majorité de l'enfant. Mais prudence. Le choix du millésime est important. Les millésimes 2009 et 2010 "sont très jolis en Bordelais. Mais un excellent vigneron parviendra toujours à révéler de beaux vins, même sur des millésimes plus compliqués". Les grands crus bordelais sont en mesure de se bonifier avec le temps et de prendre de la valeur, mais ils coûtent relativement cher. "Comptez 40 à 50 euros la bouteille". Un saint-émilion convient, par exemple, parfaitement à ce genre d'événement. 

"Pensez aussi au vin jaune du Jura", considéré comme l'un des plus grands. "Certains adorent, d'autres moins, mais on peut le garder cinquante ans", rappelle Emmanuel Delmas. Ce vin exceptionnel est élevé six ans et trois mois au minimum en fûts de chêne avant d'être mis en bouteille. Vous pouvez donc l'acheter pour les 7 ans de l'enfant afin d'obtenir l'année de sa naissance (30 euros). Pensez aussi aux vins liquoreux, de grande garde, comme les coteaux-du-layon, des vendanges tardives d'Alsace ou un jurançon (de 15 à 30 euros).

Pour boire bio

Les vins bio sont identifiables immédiatement, puisque leur mode de culture est contrôlé par des organismes certificateurs, comme Ecocert ou Demeter. Choisissez des vins portant les mentions AB (agriculture biologique) ou "raisins issus de la culture biologique", qui figurent sur les bouteilles. Ils sont élaborés à partir de raisins issus d'une culture sans engrais, ni produits chimiques de synthèse et sont généralement le fruit d'une agriculture plus pointilleuse sur le respect des terres, des règles, et des méthodes biologiques. Mais attention, le terme "bio" ne s'applique qu'au raisin et non au processus de vinification.

"Il existe aussi des vins sans soufre ajouté, mais ils sont réservés aux initiés. Sans sulfites, le vin n'est pas stabilisé et son goût peu surprendre", met en garde le spécialiste.