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Festivals : prié de baisser le son à Marseille, Marsatac expérimente de nouvelles technologies

Une expérimentation pour donner des clefs aux autres festivals, avec des coûts d'équipements qui se rajoutent à une situation compliquée pour le secteur cet été..
Article rédigé par Yann Bertrand, franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min
Le public du festival Marsatac, à Marseille (Bouches-du-Rhône) le 16 juin 2023 (GILLES BADER / MAXPPP)

Clap de fin, pour le festival Marsatac ! La 25ème édition a refermé ses portes dimanche soir au Parc Borély de Marseille (Bouches-du-Rhône). L'événement a été marqué par les concerts de plusieurs têtes d'affiche : Aya Nakamura, Gazo, PLK ou encore Hamza. Mais en coulisses, les organisateurs avaient leurs regards tournés vers une expérimentation originale.

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Grâce à une technologie avancée et des relevés en temps réel, le niveau sonore des concerts a été limité, afin de se mettre en conformité avec un décret applicable depuis quelques mois, et peu adapté aux festivals en plein air. Une expérimentation menée notamment pour donner des clefs aux autres festivals.

Un festival entouré d'habitations

Et qui dit hip-hop et électro, dit forcément beaucoup d'infra-basses. Angélique Duchemin, la directrice de l'association "Agissons", détaille : "Ce sont des fréquences qui vont s'irriguer dans l'environnement extrêmement facilement et très très loin. On est face à des défis techniques pour le plein air et donc pour notre profession".
 
Quand Marsatac a déménagé il y a deux ans au Parc Borély, entouré d'habitations, les plaintes des riverains sont arrivées. Alors dès l'année suivante, le festival marseillais a décidé de mener une expérimentation. Béatrice Desgranges est la directrice du festival : "Ça va bien au-delà de la question de la diffusion du son sur nos scènes. Ça va sur des questions d'acoustique, et même sur la bonne compréhension des matériels de diffusion sonore qui ne sont pas adaptés à ce que la loi exige."

Des ajustements tout au long du festival

Le décret son, publié en avril pose une limite chiffrée, en décibels, du volume à ne pas dépasser, et elle est peu compatible avec un festival en plein air : "Juste appliquer la loi, c'est une gageure", se désole Béatrice Desgranges.

Alors, le festival a dû mettre la main à la poche et dépenser plusieurs dizaines de milliers d'euros, pour construire notamment des "lignes d'annulation" des infra-basses, avec plusieurs rangées d'enceintes face à la grande scène. Jacky Lévêque est le responsable du comité scientifique : "Les subwoofers sont tous écartés d'une manière particulière pour éviter au maximum les réjections. Si vous vous retournez, vous pouvoir voir une deuxième ligne de subs. Pour vous donner une idée, entre hier soir et ce soir, on va avoir des différences sur l'audience, car des mesures ont été faites.

Des mois de travail et des dizaines de personnes mobilisées

 Avec son carnet noirci de notes, Carol Meyer, la directrice du festival Art Rock à Saint-Brieuc n'en perd pas une miette : "C'est un enseignement pour tous les festivals parce que Marsatac est précurseur en la matière. Nous, à Art Rock, on s'y intéresse particulièrement parce qu'on est en centre-ville, entourés d'habitations, donc la problématique est réelle. Tout ce qui est fait pour diminuer le plus possible l'impact, c'est bon à prendre."

Mais pour Béatrice Desgranges est la directrice de Marsatac : "Ce sont des mois de travail, des dizaines de personnes mobilisées, des moyens colossaux qui rajoutent à la charge financière des festivals." Avec le risque, dont personne dans le secteur n'avait besoin cette année, de se voir interdire de concerts après 21 heures si la loi n'est pas appliquée.

Les festivals priés de baisser le son, à Marseille, Marsatac expérimente de nouvelles technologies

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