Festival de BD d'Angoulême : le Fauve d'or du meilleur album attribué aux Belges Eric Lambé et Philippe de Pierpont pour "Paysage après la bataille"

Avec "Paysage après la bataille" (Ed. Actes Sud/Fremok), les Belges Eric Lambé et Philippe de Pierpont ont convaincu le jury du 44e festival international de la bande dessinée d’Angoulême (Charente)

Devant les stands du 44e Festival de la BD d\'Angoulême (Charente), le 28 janvier 2017. 
Devant les stands du 44e Festival de la BD d'Angoulême (Charente), le 28 janvier 2017.  (YOHAN BONNET / AFP)

Avec Paysage après la bataille, les Belges Eric Lambé et Philippe de Pierpont ont convaincu le jury du 44e festival international de la bande dessinée d’Angoulême (Charente). Samedi 28 janvier, ils ont décroché le Fauve d'or, l'une des plus importantes récompenses dans le monde de la BD.

Extraits de \"Paysage après la bataille\". 
Extraits de "Paysage après la bataille".  (ACTES SUD)

Co-édité par Fremok et Actes Sud, Paysage après la bataille est un épais album de 400 pages, impressionnant autant par son thème (la perte et le deuil) que par la qualité graphique qu'il dégage. Eric Lambé est une figure de proue de la BD belge d'avant-garde. C'est sa quatrième collaboration avec le scénariste Philippe de Pierpont. 

Tout en nuance de gris, la couleur perçant parfois cependant avant d'éclater à la fin de l'album, pratiquement sans parole, Paysage après la bataille raconte l'histoire d'une femme dévastée par la mort de sa fille. Corps, visages, objets, décors s'entremêlent. On est parfois proche de l'abstraction mais la lecture est d'une fluidité qui ne se dément jamais. Les deux artistes belges ont su rendre quasiment palpables l'absence et la souffrance. C'est bouleversant et d'une beauté à couper le souffle.

Une seule femme récompensée

Le prix spécial du jury est allé à Ce qu'il faut de terre à l'homme, de Martin Veyron (Dargaud).

Le prix de la série est revenu au quatrième tome de Chiisakobé, de Minetarô Mochizuki (Le Lézard noir). 

Le prix du public Cultura est allé à l'album L'homme qui tua Lucky Luke, de Matthieu Bonhomme (Dargaud). 

Le prix révélation, qui distingue l'œuvre d'un auteur en début de parcours artistique, a été attribué à la Sud-Coréenne Ancco pour Mauvaises filles (Cornélius). Il s'agit de la seule femme distinguée. 

Le prix du patrimoine est revenu à Kazuo Kamimura (décédé il y a 31 ans) pour l'album Le Club des divorcés (Kana). 

Le prix jeunesse avait déjà été attribué à Tebo pour La Jeunesse de Mickey (Glénat). 

Le prix du polar SNCF a été remis à Alexandre Clérisse et Thierry Smolderen pour leur album L'Eté Diabolik (Lucky Comics).

Le Grand prix de la ville d'Angoulême avait été attribué au dessinateur suisse Cosey pour l'ensemble de son œuvre.