Les chanteurs lyriques français s'estiment sous-employés

Les théâtres lyriques français font de plus en plus appel à des voix étrangères et les chanteurs français sont sous-employés, déplorent des artistes, soutenus par les syndicats du secteur. Bertrand Maon, chanteur lyrique, attend beaucoup de la réunion au ministère ce mercredi.

(Roberto Alagna et Karine Deshayes dans "Werther" © Julien Benhamou)

Les chanteurs lyriques en ont assez que les théâtres français et les opéras embauchent plus d’artistes étrangers que français. "Les chanteurs lyriques sont sous-employés. Nous avons constaté que sur trois ans, les chanteurs résidant en France ont vu leur emploi chuter de 48%. Le déséquilibre entre les chanteurs étrangers et ceux résidant fiscalement en France est flagrant ", explique Bertrand Maon, chanteur lyrique.

Une colère d’autant plus marquée qu'à l'étranger la préférence nationale joue à plein, soit officiellement comme aux Etats-Unis où existent des quotas (80% de chanteurs américains sur les scènes nationales), soit officieusement comme en Allemagne et en Italie.

Trouver "un équilibre "

Le Syndicat français des artistes interprètes (SFA-CGT) a saisi le ministère de la Culture, et une réunion doit se tenir ce mercredi. Selon le syndicat, l'Opéra de Paris n'a confié que 3,7% de ses premiers rôles cette saison à des artistes lyriques résidant fiscalement en France, et 13,2% pour l'ensemble des rôles.

"Nous demandons au ministère de prendre des mesures à court terme. Nous demandons un équilibre. Nous allons faire des propositions comme des troupes de chanteurs pour essayer qu’il y ait un peu d’emplois permanents ", explique Bertrand Maon.

Les opéras ont pris "des mauvaises habitudes "

"C'est un mauvais procès ", rétorque le directeur de l'Opéra de Paris, Stéphane Lissner, qui cite la distribution entièrement française de Platée  de Rameau, et la présence cette saison de "tous les bons chanteurs français" comme Karine Deshayes, Ludovic Tézier, Sophie Koch, Roberto Alagna, Stéphane Degout etc. "La distribution dépend aussi tout simplement du répertoire, français, allemand ou russe ", déclare-t-il.

Mais pour Bertrand Maon les raisons sont tout autres. "Avec des chanteurs étrangers, les cotisations sociales sont moins élevées et ce sont des mauvaises habitudes qu’ont prises les dirigeants d’opéra. "

"Le déséquilibre entre les chanteurs étrangers et ceux résidents fiscalement en France est flagrant", explique Bertrand Maon, chanteur lyrique, à Marie Bernardeau
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