Le "zizi sexuel" ébranle les antigenre

L'exposition destinée à expliquer "l'amour et la sexualité" aux enfants est de retour à la Cité des sciences. Mais elle fait face à la contestation des militants antigenre.

Un enfant découvre l\'exposition \"Le zizi sexuel\" à la Cité des sciences à Paris, le 16 octobre 2007.
Un enfant découvre l'exposition "Le zizi sexuel" à la Cité des sciences à Paris, le 16 octobre 2007. (MAXPPP)

"C'est quoi être amoureux ?" "Comment on fait l'amour ?" "Un spermatozoïde c'est comment ?" Sept ans après, l'exposition "Le zizi sexuel" est de retour à la Cité des sciences à Paris, jusqu'au 2 août, pour répondre à ces questions et expliquer "l'amour et la sexualité" aux enfants de 9 à 14 ans.

Mais l'exposition fait face à la contestation des militants antigenre, comme le collectif Vigi-Gender, proche de La Manif pour tous, et d'une association, SOS Education, qui dénonce son contenu. L'organisation a lancé une pétition pour dénoncer les visites organisées dans le cadre de sorties scolaires. Face à ces critiques, francetv info revient sur le contenu de l'exposition.

En quoi consiste l'exposition ?

"Le Zizi sexuel" est inspiré des aventures de Titeuf et de la bande dessinée du même nom de Zep et Hélène Bruller. "Elle aborde avec délicatesse, humour et exigence les questions que les 9-14 ans se posent sur l'amour et la sexualité", affirme la Cité des sciences dans sa présentation.

Les enfants sont invités à suivre un parcours, en commençant par les chambes de Nadia et de Titeuf, les personnages de la BD, pour découvrir "le sentiment amoureux", puis la salle de bains pour en savoir plus sur la puberté. Direction ensuite le jardin secret "pour découvrir comment on fait l'amour", la salle de classe "pour étudier la fabrication des bébés". L'exposition se termine dans la rue "pour apprendre à reconnaître les dangers".

"Les enfants apprennent tout sur tout, à leur rythme, sans provocation ni voyeurisme, explique Europe 1. Des images de bande-dessinée remplacent les photos pour ne jamais forcer la pudeur." "Certaines animations se révèlent néanmoins explicites", commente Direct Matin.

Le journal cite notamment "l'essoreuse à langues", où les visiteurs doivent enfiler leur bras dans des langues factices pour simuler un langoureux baiser. Ou le "zizi piquet", qui consiste à "provoquer l'érection et l'éjaculation" d'un sexe en caoutchouc à l'aide d'une pompe actionnée avec le pied.

Pourquoi fait-elle polémique aujourd'hui ?

L'exposition doit faire face à la contestation de SOS Education, une association qui se présente comme "un groupement de citoyens qui œuvrent pour exiger de l'école qu'elle remonte ses standards". Au total, 38 000 signatures ont été rassemblées en ligne, selon le site de l'organisation, pour demander que les parents d'élèves soient informés "des contenus sexuellement explicites de cette exposition".

Pourtant, l'exposition n'est pas nouvelle : elle avait déjà attiré 340 000 visiteurs à Paris en 2007. Elle a finalement été vue par un demi-million de personnes, après une tournée en France et en Europe. A l'époque, une pétition avait également été lancée, mais n'avait rassemblée que 8 000 signatures, rapporte Le Parisien.

Sauf qu'entre temps, le climat a changé, note le quotidien, avec notamment la polémique autour des ABDC de l'égalité, expérimentés pour lutter contre les stérétoypes hommes-femmes à l'école. Le collectif Vigi-Gender, proche de la Manif pour tous, dénonce "l'idéologie de genre" promue par l'exposition, avec des présentations de "couples hommes-hommes, femmes-femmes, hommes-femmes"La pétition de SOS Education reprend d'ailleurs le même type de critiques, remarque le journal : "Est-il réellement judicieux de prélever encore une demi-journée sur le temps d'apprentissage des élèves pour aller... leur enseigner la masturbation ?" 

Que répond la Cité des sciences ?

"La science n'a aucun tabou", répond le commissaire de l'exposition, qui affirme n'avoir "rien à cacher" et vante "un bon support pour pouvoir parler de sexualité, d'amour, avec les enfants". "En aucune façon on ne souhaite se substituer à l'éducation des parents, explique Maud Gouy. Lors d'une sortie scolaire, [ils] signent une autorisation."

Les deux principales fédérations de parents d'élèves ne sont pas choquées par l'initiative. "C'est une exposition à voir en famille, estime le président de la FCPE. Elle n'a rien de provocant." Son homologue de la Peep invite "même tous les parents à y aller".