"Le marché de l'art sous l'Occupation" : une exposition met en lumière la spoliation de biens juifs

L'exposition parisienne au Mémorial de la Shoah montre comment le marché a été alimenté par des vols d'oeuvres. Toutes n'ont pas été récupérées, ainsi que le témoigne le descendant d’une famille juive volée. 

Une photo exposée au Mémorial de la Shoah, pour l\'exposition consacrée au marché de l\'art sous l\'Occupation du 20 mars au 3 novembre 2019 à Paris.
Une photo exposée au Mémorial de la Shoah, pour l'exposition consacrée au marché de l'art sous l'Occupation du 20 mars au 3 novembre 2019 à Paris. (ANNE CHEPEAU / RADIO FRANCE)

"Le marché de l’art sous l’Occupation", thème d’une exposition ouverte mercredi 20 mars à Paris, au Mémorial de la Shoah, a été en grande partie alimenté par les spoliations des biens juifs. Des faits dont témoigne Alain, descendant d’une famille juive qui tente de récupérer les œuvres d’art volées aux siens par les nazis. 

De longues procédures, parfois encore en cours 

Ce professeur d’histoire, âgé de 71 ans, consacre sa retraite à rechercher les œuvres d’art de son arrière-grand-tante. La collection de cette femme a été vendue par le Commissariat général aux questions juives en juillet 1943 à Nice. "Au moins une soixantaine d’œuvres ont été spoliéesNous avons un compte-rendu de la vente spoliatrice, explique-t-il. Mais ce n’est peut-être pas la totalité. La maison a été pillée, donc il y en avait encore peut-être plus."

Aujourd'hui, 74 ans après la fin de la guerre, seuls 11 tableaux ont été restitués à la famille d’Alain. Le premier, un Goya, en 1958. Le dernier, un John Constable, en mars 2018, après plus de dix ans de bataille juridique avec le musée suisse dans lequel il se trouvait. La restitution par les musées de France s'est faite, dit-il, de façon "tout à fait normale", même si elle a été "un peu tardive". "70 ans après la réclamation de mon grand-père, précise-t-il. Mais ailleurs, c’est très difficile."

Quand on vous demande le testament de quelqu’un qui a été assassiné à Auschwitz... Vous vous doutez bien qu’il n’y avait pas de testament.Alain, descendant d'une famille spoliée sous l'Occupationà franceinfo

Alain évoque une autre demande, cette fois aux Etats-Unis : "Une lettre signée par Vichy ou les nazis disant 'nous avons spolié ce tableau'. C’est facile à trouver !"   

Ces procédures sont longues et coûteuses. Parmi les œuvres qu’Alain a pu localiser : un tableau attribué à Rembrandt se trouvant dans une collection particulière en Allemagne, mais son retour se fait toujours attendre...

Une famille spoliée : l'interview d'Alain, au micro d'Anne Chépeau
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"Le marché de l’art sous l’Occupation" : une exposition à voir à Paris au Mémorial de la Shoah jusqu’au 3 novembre à Paris.