EN IMAGES. Quand le rockabilly régnait sur Paris au début des années 1980

Ils se faisaient appeler Vikings ou Panthers et régnaient sur l’est parisien en exhibant leur passion pour le rock des années 1950. Le photographe Gilles Elie Cohen leur rend hommage à travers une exposition et un livre de photographies. Plongée nostalgique dans un Paris qui suintait les hormones et la gomina.

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En 1982, Gilles Elie Cohen croise la route, un peu par hasard, des Del-Vikings sur un terrain vague du 19e arrondissement. GILLES ELIE COHEN
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Cette bande de jeunes loubards s’est baptisée ainsi en référence au groupe The Del-Vikings, surtout connu dans les années 1950 pour être le premier groupe de rock'n'roll mélangeant des Noirs et des Blancs. GILLES ELIE COHEN
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A l’époque, SOS Racisme n’existe pas encore (l’association sera créée deux ans plus tard) mais les Vikings entrent en résistance et imposent un code d’honneur qui exclut toute discrimination raciale. GILLES ELIE COHEN
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Les Vikings sont intimement liés aux Panthers, une autre bande rockabilly, surtout composée d'Antillais. GILLES ELIE COHEN
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Les Panthers tirent leur nom du mouvement afro-américain des Black Panthers. Ils se passionnent pour les sports de combat et arborent fièrement leurs blousons de l'US Air force. GILLES ELIE COHEN
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Ils sont aujourd’hui considérés comme les ancêtres des antifas, ces groupes antifascistes de la gauche radicale apparus plus tard dans les années 1980. GILLES ELIE COHEN
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Musicalement, leurs goûts sont variés et vont des standards du rock au hip-hop encore balbutiant dans l’Hexagone. GILLES ELIE COHEN
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Les Vikings ont rapidement compté une centaine de membres qui imposaient leur loi dans certains quartiers de la capitale. GILLES ELIE COHEN
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Les Vikings et les Panthers ont en commun leur passion du rock’n'roll et passent leurs nuits à traîner de concerts en boîtes de nuit qui, désormais, ne les refoulent plus. GILLES ELIE COHEN
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Comme les Stray Cats, le groupe américain qui cartonne en France à l’époque, les Vikings, passionnés de sous-culture, écoutent du rock’n'roll originel, celui chanté par des artistes noirs comme Little Richard ou Fats Domino. GILLES ELIE COHEN
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A l’époque, ils s’opposent à d'autres bandes parisiennes comme les Rockabilly Rebels ou les Teddy Boys, qui s'inspiraient de mouvements londoniens du même nom dans les années 1950. GILLES ELIE COHEN
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Les bandes s’affrontaient régulièrement. Comme le raconte Filo Loco, éditeur de l’ouvrage Vikings et Panthers dans Vice : “Les Rebels, qui arboraient le drapeau sudiste, perçu par les Panthers comme un symbole esclavagiste, étaient forcés de l’arracher de leurs fringues dès qu’ils les croisaient.” GILLES ELIE COHEN
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Les bastons étaient fréquentes et les bandes rivales organisaient des descentes aux puces de Clignancourt, dans le 18e arrondissement, pour en découdre à coups de battes de baseball. GILLES ELIE COHEN
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Un soir, Vikings et Panthers, pourtant proches, se sont affrontés violemment dans le quartier de Montmartre. GILLES ELIE COHEN
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Cet ultime affrontement marqua le début de la disparition de toutes ces bandes de loubards, remplacées, petit à petit, par des groupuscules plus politisés. GILLES ELIE COHEN
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Le livre de Gilles Elie Cohen est édité aux éditions Serious et comprend environ 120 photos, dont la plupart sont inédites. GILLES ELIE COHEN
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Parallèlement, ces clichés sont exposés à la Galerie Addict (3e arrondissement de Paris) du 6 février au 28 mars 2015. GILLES ELIE COHEN