Cinq pistes pour apprendre à aimer l'art contemporain

La 40e édition de la Foire internationale d'art contemporain (Fiac) ouvre ses portes jeudi à Paris. Voici quelques pistes pour vous réconcilier avec ces œuvres parfois absconses.

\"Spazio di Luce\" (Espace de lumière), une scupture de l\'Italien Giuseppe Penone exposée dans le jardin du château de Versailles jusqu\'au 31 octobre.
"Spazio di Luce" (Espace de lumière), une scupture de l'Italien Giuseppe Penone exposée dans le jardin du château de Versailles jusqu'au 31 octobre. (CLAIRE LEBERTRE / AFP)

La Foire internationale d'art contemporain (Fiac) s'ouvre jeudi 24 octobre au Grand Palais, à Paris. Pour son 40e anniversaire, elle investit aussi le jardin des Tuileries et le Jardin des plantes. Qu’il suscite incompréhension ou admiration, l’art contemporain ne laisse jamais indifférent.  

Comment apprendre à aimer un art qui parfois dérange ? Francetv info vous propose cinq pistes pour ranger vos préjugés au placard.

Comprendre l'art contemporain

Une femme regarde \"Le jardin d\'Hiver, 1968-1970\", de Jean Dubuffet, au Musée national d\'art moderne du Centre Pompidou, à Paris, le 4 avril 2011.
Une femme regarde "Le jardin d'Hiver, 1968-1970", de Jean Dubuffet, au Musée national d'art moderne du Centre Pompidou, à Paris, le 4 avril 2011. (FRANCOIS GUILLOT / AFP)

Commencez par vous pencher sur la manière dont l'art contemporain s'est développé et a évolué depuis 1945. "Les artistes sont un peu comme des chercheurs qui expérimentent en s’appuyant sur ce qui a été fait par leurs prédécesseurs", explique Elisabeth Couturier, critique d’art et auteur de L'art contemporain : mode d’emploi, (Flammarion, 2009). "Ils essaient d’être novateurs, d’aller plus loin." Suivre l'évolution chronologique des œuvres contemporaines permet aussi de découvrir les ruptures qui ont jalonné le mouvement et appréhender les tendances qu'ont suivi les artistes.

Où ?

- Au musée national d'art moderne du Centre Pompidouà Paris. La plus grande collection d’art moderne et contemporain d’Europe s'y expose de façon permanente. Elle regroupe des œuvres datant de 1905 à nos jours, réalisées par les plus grands artistes.

- Pour ceux qui s’interrogent sur la création contemporaine actuelle, rendez-vous à la HAB galerie de Nantes pour l'exposition "De leur temps", jusqu'au 5 janvier. Le musée des Beaux-Arts y présente les œuvres de 141 artistes français et étrangers acquises entre 2009 et 2012 par des collectionneurs privés. 

Admirer des œuvres en plein air

Une photo affichée sur un mur de Berlin par le Français JR, le 21 avril 2013.
Une photo affichée sur un mur de Berlin par le Français JR, le 21 avril 2013. (JOHN MACDOUGALL / AFP)

L'art contemporain ne s'expose pas que dans les musées : des expositions en plein air sont régulièrement organisées. "Elles peuvent paraître plus attrayantes parce qu’elles n’ont pas lieu dans le cadre d’une galerie, où il faut faire la démarche de se rendre, analyse Elisabeth Couturier. On apprécie ainsi l’œuvre dans un autre contexte."

Où ?

- La Fiac, justement, ne se cantonne pas au Grand Palais. Des expositions sont prévues au jardin des Tuileries, au Jardin des plantes, sur les Berges de Seine et la place Vendôme.

- Pour ceux qui préfèrent la spontanéité et les valeurs du street art, partez à la découverte du travail de JR. Pour le Français, qui affiche ses immenses photographies d’inconnus en noir et blanc aux quatre coins du globe, la rue est "la plus grande galerie d’art au monde". En mai, il avait a recouvert les murs de Marseille de vieilles photos appartenant à ses habitants.

Varier les supports et les sensations

\"Spazio di Luce\" (Espace de lumière), une scupture de l\'Italien Giuseppe Penone exposée dans le jardin du château de Versailles jusqu\'au 31 octobre.
"Spazio di Luce" (Espace de lumière), une scupture de l'Italien Giuseppe Penone exposée dans le jardin du château de Versailles jusqu'au 31 octobre. (CLAIRE LEBERTRE / AFP)

Elisabeth Couturier est catégorique : "Il y en a pour tous les goûts dans l’art contemporain. Pour s'y sensibiliser, on peut adopter la méthode type 'électrochoc'. On va voir une expo sur un artiste dont on ne connaît pas la démarche, mais en restant ouvert d’esprit. Il faut alors laisser émerger les images que les œuvres nous évoquent, les correspondances qu'elles déclenchent dans notre esprit. L’art n’est pas seulement intellectuel, il est aussi là pour que l’on y projette nos pensées, nos fantasmes, notre imagination."

Où ?

- Laissez-vous toucher par le land art. Le château de Versailles, par exemple, accueille les œuvres de Giuseppe Penone jusqu'au 31 octobre. Cet artiste italien travaille essentiellement autour de la nature, en se servant de pierres, de bois, voire d'arbres entiers…

- Laissez-vous impressionner par le gigantisme. Célèbres notamment pour avoir "enveloppé" divers monuments, Christo et Jeanne-Claude présentent cette fois une sculpture de 90 m de haut intitulée Big Air Package. Elle est exposée à l’intérieur du Gazomètre d'Oberhausen (Allemagne) jusqu'au 31 décembre.

\"Big Air Package\", de Christo, au Gazomètre d\'Oberhausen (Allemagne), le 15 mars 2013.
"Big Air Package", de Christo, au Gazomètre d'Oberhausen (Allemagne), le 15 mars 2013. (INA FASSBENDER / REUTERS)

- Laissez-vous transporter par les vidéos d'Anri Sala. Cet artiste cinéaste franco-albanais représente la France à la 55e exposition internationale d’art contemporain de la Biennale de Venise 2013, qui se termine le 24 novembre. Dans son projet, intitulé Ravel Ravel Unravel, l’artiste poursuit son exploration de l’espace et du son.

Perdre ses repères

\"Traverser la lumiere\", de Nathalie Junod Ponsard, à l\'Espace Fondation EDF, le 3 octobre 2013 à Paris.
"Traverser la lumiere", de Nathalie Junod Ponsard, à l'Espace Fondation EDF, le 3 octobre 2013 à Paris. (MAXPPP )

Certains artistes s’amusent à construire de nouveaux environnements perceptifs, en jouant sur les lumières, par exemple. "Le spectateur, immergé dans l’atmosphère ainsi créée, perd ses repères spatiaux-temporels", témoigne Elisabeth Couturier. "L'œuvre vise à l'émouvoir par les sens."

Où ?

- A Paris, la Fondation EDF accueille jusqu'au 10 novembre Traverser la lumière, de Nathalie Junod Ponsard. Une œuvre qui plonge le visiteur dans un espace inondé d’une lumière vive, et dont les couleurs changent selon un tempo défini.

S'essayer à la création artistique

Des visiteurs observent \"Crepusculum Sculpture\", de l\'Islandaise Gabriela Fridriksdottir, le 10 septembre 2011, à Lyon.
Des visiteurs observent "Crepusculum Sculpture", de l'Islandaise Gabriela Fridriksdottir, le 10 septembre 2011, à Lyon. (PHILIPPE DESMAZES / AFP)

Les musées d'art contemporain proposent souvent au public de participer au processus de création artistique, sous différentes formes. Un bon moyen d'appréhender ensuite les œuvres.

Où ?

- Le musée d’art contemporain du Val-de-Marne organise, tout au long de l’année, des "Laboratoires d’art contemporain", généralement liés aux expositions du moment. Les activités varient en fonction de l’artiste (chorégraphe, plasticien, écrivain…) qui anime la session. Prochaine séance : le 16 novembre, avec La bibliothèque, projet participatif mis en scène par Fanny de Chaillé.