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Des personnalités, dont Mathieu Kassovitz et Omar Sy, dénoncent "la haine des musulmans"

"Jusqu'où laisserons-nous passer la haine des musulmans ?", demandent 90 personnalités dans une tribune dans Le Monde, après l'agression d'une femme voilée qui accompagnait une sortie scolaire.

Article rédigé par
France Télévisions Rédaction Culture
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Mathieu Kassovitz au festival Il Cinema in piazza à Rome, le 28 juillet 2019 (MATTEO NARDONE / MAXPPP)

Dans une tribune dans Le Monde daté de mercredi, un collectif de 90 personnalités, dont les acteurs Mathieu Kassovitz et Omar Sy, demande "urgemment" à Emmanuel Macron de condamner "l'agression" dont a été victime la femme voilée prise à partie par un élu RN alors qu'elle accompagnait une sortie scolaire au conseil régional de Bourgogne-Franche Comté.

"Nous (...) demandons urgemment au gouvernement français et au président de la République, Emmanuel Macron, de condamner publiquement l'agression dont cette femme a été victime devant son propre fils", indique leur tribune publiée dans Le Monde et intitulée "Jusqu'où laisserons-nous passer la haine des musulmans ?"

"Les musulmans ont toute leur place dans notre société"

Le collectif appelle aussi à "dire, avec force, que les femmes musulmanes, portant le foulard ou non, et les musulmans en général ont toute leur place dans notre société" et à "refuser que nos concitoyens musulmans soient fichés, stigmatisés, dénoncés pour la simple pratique de leur religion".

Vendredi, Julien Odoul, membre du bureau national du RN, avait demandé à ce qu'une mère d'élève qui accompagnait une sortie au conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté retire son voile. Les élus du RN avaient ensuite quitté la salle, avant de dénoncer une "provocation islamiste".

Dans leur tribune, les 90 personnalités dénoncent la "haine" et la "violence inouïes" de cette scène qui a été filmée et abondamment commentée sur les réseaux sociaux. Elles déplorent également la réaction du ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer qui "a certes condamné" mais "a tout de même affirmé 'le voile n'est pas souhaitable dans notre société'". "N'est-ce pas ici l'illustration même d'une stigmatisation assumée jusqu'au plus haut niveau ?", s'interroge le collectif.

Une tribune qui dénonce l'instrumentalisation de la laïcité

Ce dernier condamne également les propos du ministre de l'Intérieur Christophe Castaner qui a listé, après l'attentat à la préfecture de police de Paris, "'la pratique régulière et ostentatoire de la prière', et 'la pratique exacerbée de la religion en période de ramadan' comme autant de 'signes de radicalisation' à signaler, alors qu'il ne s'agit ni plus ni moins que de conduites religieuses tout à fait banales chez les musulmans pratiquants".

"Jusqu'à quand allons-nous accepter que la laïcité, socle de notre République, soit instrumentalisée pour le compte d'une vision ségrégationniste, raciste, xénophobe, mortifère de notre société ?", s'interroge la tribune.

"La laïcité, consacrée par la loi de 1905, c’est certes la séparation de l’Etat et du religieux, mais c’est aussi la liberté de croire ou de ne pas croire, la liberté d’exercer sa foi ou de ne pas l’exercer, la liberté de manifester ses convictions dans les limites du respect de l’ordre public", rappelle le texte.


Le collectif rassemble également la comédienne Marina Foïs, des réalisateurs et producteurs dont Céline Sciamma ou Dominique Farrugia, les membres fondateurs de Zebda (Hakim et Mustapha Amokrane) ou le rappeur Nekfeu, les humoristes Malik Bentalha et Guillaume Meurice, ainsi que des historiens, des journalistes, des sociologues, des sportifs.

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